L'essentiel
Pour Bruno Cautrès, chercheur au CNRS et enseignant à Sciences Po, le G7 qui a débuté ce lundi symbolise une phase de transition pour Emmanuel Macron. L'approche de la fin de son mandat semble l’affaiblir sur la scène mondiale.
La Dépêche du Midi : Le dernier G7 d'Emmanuel Macron, quelles perspectives politiques ?
Bruno Cautrès : Macron pourrait envisager un rôle de facilitateur dans les négociations internationales. Il pourrait proposer ses services afin que la France puisse jouer un rôle clé dans les discussions entre l'Iran et les États-Unis.
Peut-il vraiment y parvenir ? Deux questions se posent : sa capacité à influencer malgré un palmarès international peu flatteur et le poids de son mandat en train de s’achever. Les autres membres du G7 réalisent qu'il ne sera plus là dans dix mois. Cela n'augure rien de bon pour des conversations sérieuses, estime-t-il.
Retombées nationales envisageables ? En dépit d’un climat intérieur difficile, Macron pourrait tenter d'expliquer aux Français qu'il a œuvré à la préservation de la souveraineté nationale à travers l’Europe. Il pourrait, par conséquent, se présenter comme un stabilisateur dans un monde chaotique.
Les Français réceptifs ? L'opinion publique semble déconnectée. Le détachement de Macron vis-à-vis d'eux est préjudiciable. Sa sollicitation au G7 ne devrait pas modifier l'état d'esprit général des Français.
Une mise en scène comme à Davos ? Un clin d’œil humoristique à ce sommet international ne serait pas approprié dans le contexte tragique actuel. Le pays est marqué par des tragedies, comme celle de la petite Lyhanna qui a suscité un choc national. Les priorités de la société ne sont pas à la comédie, mais plutôt au sérieux.
Échec ou pas ? Ses déclarations initiales n’ont pas répondu aux attentes de la population. Opter pour un discours qui semble ignorer les douleurs collectives peut être dangereux politiquement. Bien que le geste d'avoir contacté les parents de la petite soit humain, c'est la réaction face à la douleur du pays qui compte vraiment.
En attendant, la réception de Donald Trump à Versailles est-elle une bonne idée ? C'est un geste qui pourrait susciter des sentiments mitigés. Bien que l'accueil officiel d'une figure aussi puissante puisse inspirer fierté, le symbole de Versailles peut sembler décalé dans une période à forte charge émotionnelle tant nationale qu’internationale.
Bruno Cautrès est politologue, chercheur au CNRS à Cevipof et enseignant à Sciences Po. Ses travaux se concentrent sur les comportements politiques et la question européenne.







