Le gouvernement français a promis 150 millions d'euros pour renforcer le label France Santé, suscitant un débat intense parmi les professionnels de santé. Si ce financement semble bon pour les centres de proximité, des syndicats de médecins s'interrogent sur son efficacité réelle pour améliorer l'accès aux soins sur l'ensemble du territoire.
En septembre 2025, le Premier ministre Sébastien Lecornu avait présenté cette initiative à Mâcon, exprimant son objectif d'établir un réseau de 5 000 maisons France Santé d'ici 2027. Ces structures visent à garantir un accès aux soins à moins de 30 minutes et dans un délai de 48 heures.
Près d'un an plus tard, le projet prend forme, avec une labellisation conditionnelle mise en place pour environ 2 700 maisons de santé pluriprofessionnelles (MSP) et 1 100 centres de santé. D'autres structures comme les médicobus et certaines pharmacies en milieu rural sont également incluses.
Début juin, un accord entre l'Assurance maladie et les syndicats des soignants a défini la répartition de l'enveloppe budgétaire de 150 millions d'euros pour France Santé. Cependant, les maisons de santé et centres de santé doivent respecter certaines conditions : proposer des soins infirmiers, une participation minimale des médecins aux gardes, et garantir que 80% des soins soient à tarif conventionné.
Ceux qui réussiront à répondre aux critères pourront bénéficier d'un financement supplémentaire, venant s'ajouter aux 300 millions versés annuellement par l'Assurance maladie pour le fonctionnement de ces structures. Par exemple, une maison de santé pluriprofessionnelle pourrait obtenir en moyenne 50 000 euros de plus, ce qui compléterait les 70 000 à 80 000 euros qu'elle reçoit déjà, selon le docteur Patrick Vuattoux, coprésident d'AVECsanté.
Il est à noter que cette première année, le cahier des charges initial de France Santé est très ressemblant à celui déjà en vigueur pour les MSP, ce qui permettrait à bon nombre d'entre elles de bénéficier rapidement de ce financement sans grands efforts.
- "Communication politique" -
La CSMF, syndicat signataire de l'accord, se félicite que la majorité des MSP remplissent déjà les critères nécessaires pour se faire labelliser. "France Santé ne crée pas de nouvelles contraintes majeures, mais valorise des pratiques déjà existantes", a-t-elle affirmé.
Cependant, d'autres syndicats, tels que MG France et la FMF, critiquent cet accord, affirmant qu'il ne répond pas réellement aux enjeux de transformation que le secteur de la santé nécessite. "Le rôle d'un syndicat de médecins est d'informer, pas de soutenir une communication politique avant des élections", a déclaré MG France.
La présidente de la FMF, Patricia Lefébure, a de son côté suggéré que ces fonds auraient pu être mieux employés, notamment dans le domaine de la santé mentale.
Du côté du cabinet de la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, on rappelle que les MSP et centres de santé devront atteindre de nouveaux objectifs d'accès aux soins au fil des années pour continuer à bénéficier de ce financement. Par la suite, ils seront soumis à une liste de 16 objectifs supplémentaires, incluant l'extension des horaires de garde et le développement de l'offre en santé mentale. Le respect de ces objectifs aura un impact direct sur le financement, souligne le ministère.







