La proposition d'Emmanuel Macron de nommer François-Noël Buffet, sénateur LR, au poste de Défenseur des droits a suscité une indignation notable. En effet, une soixantaine d'associations et de syndicats affirment que ce choix est "incompatible avec les valeurs de l'institution".
Dans un communiqué, une coalition variée d'organisations de défense des droits, incluant Greenpeace France, Médecins du Monde et SOS Racisme, dénonce un recule de la démocratie et une méfiance envers la société civile. Elles questionnent ainsi la capacité de Buffet à promouvoir les droits fondamentaux qu'il serait censé défendre.
À 62 ans, François-Noël Buffet est déjà connu pour ses opinions controversées, notamment ses positions sur le mariage pour tous et l'avortement. Ces prises de position expliquent la forte réaction de ces groupes, qui estiment que son mandat pourrait aller à l'encontre des valeurs d'inclusion et d'égalité.
François-Noël Buffet a choisi de ne pas commenter pour le moment, mais son entourage a confirmé que la proposition a été faite par le président Emmanuel Macron. Ce dernier souhaite que Buffet succède à Claire Hédon dans quelques semaines.
La candidature de Buffet doit encore être validée par les commissions des Lois du Sénat et de l'Assemblée nationale, où il devrait bénéficier du soutien solide des groupes de droite, selon des sources au sein de ces institutions.
Cependant, la gauche semble prête à s'opposer quasiment à l'unanimité, et seule une opposition de la part du Rassemblement National pourrait potentiellement fragiliser sa nomination.
Frappant pour ses actes passés, Buffet a notamment manifesté en 2013 contre la loi sur le mariage pour tous et a voté contre l'extension de la Procréation Médicalement Assistée (PMA). Il a également exprimé des préoccupations concernant l'Aide Médicale d'État (AME) pour les étrangers sans-papiers.
Un agent du Défenseur des droits, parlant sous couvert d'anonymat, a partagé son choc face à la possibilité d'une telle nomination, indiquant que cela témoigne d'un mépris croissant envers l'État de droit.
Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement, a cependant exprimé sa confiance en la capacité de Buffet à effectuer cette mission, malgré les critiques.
Une pétition, signée par près de 112.000 personnes, demande un candidat qui respecte pleinement les droits fondamentaux sans ambiguïté. Les associations espèrent ainsi que le président Macron reconsidera sa nomination au profit d'une personnalité respectueuse des valeurs de l'État de droit.
En 2025, un record de 165.011 réclamations a été enregistré, mettant en lumière l'importance cruciale et la responsabilité de ce poste dans la défense des droits en France.







