La scène politique grenobloise est en émoi après l'exclusion de Thomas Mandroux et Lauren Viguier du groupe La France insoumise (LFI) au conseil municipal, survenue le 9 juillet. La décision, qui a pris tout le monde de court, évoquerait des absences répétées et un refus de déléguer leur vote aux autres membres, selon le chef de groupe Allan Brunon.
Ce dernier, évoquant une "rupture de confiance", a précisé avoir tenté plusieurs médiations, toutes refusées, et porté des accusations contre Mandroux et Viguier pour des comportements qualifiés de "discriminatoires". L'exclusion, qui aurait reçu le soutien unanime des autres membres, fait néanmoins l'objet de fortes contestations de la part des concernés.
Dans un récit opposé, Mandroux et Viguier soutiennent avoir quitté leurs fonctions pour protéger leur santé face à un climat jugé violent, autoritaire et marqué par des comportements sexistes et LGBTphobes. Mandroux, affirmant avoir été temporairement incapable de travailler à cause des violences psychologiques subies, a vu son cas rapporté par Valeurs Actuelles.
Une exclusion révélée par la presse
Confrontés à la situation, les élus ont appris leur exclusion via les médias, sans aucune notification personnelle. Ils décrivent cette méthode comme symptomatique d'un "système établi de violences et de jeux de pouvoir" au sein du groupe. Bien que des procédures aient été lancées auprès du Comité de respect des principes de LFI et d'autres instances, rien ne semble avoir changé.
À l'origine de ce conflit, Lauren Viguier souligne aussi sa situation pendant le conseil métropolitain, où elle se serait fait traiter de "traître" pour avoir contesté le maintien de Brunon à la présidence. Elle déplore également que des questions d'indemnités aient présidé aux discussions au détriment des engagements programmatiques.
Répondant à ces accusations, Allan Brunon déclare que les critiques visent à masquer d'éventuels désaccords politiques avec LFI et menace d'engager des poursuites pour diffamation contre ceux qui relayeraient ce qu'il appelle une "cabale".
Des élus en démission
Cette crise arrive à un moment déjà tendu, et cela quelques mois seulement après les élections. Rappelons que Brunon avait été filmé proférant une insulte homophobe envers un commerçant, suscitant un tollé au sein même de son organisation, comme l'évoque Place Gre'net.
Des anciens alliés comme Alan Confesson parlent même d'une "brutalité inédite" qui gangrène le mouvement local, dénonçant une culture d'"omerta" et de violence dans les rapports militants. Dans cette tourmente, Mandroux et Viguier ne s'éloignent pas du mouvement insoumis. Ils annoncent néanmoins leur intention de démissionner de leurs mandats et de rembourser leurs indemnités, s'y étant engagés de manière éthique.
Leur départ, bien qu'il soit un coup dur pour le groupe insoumis, pourrait également profiter à la mairie dirigée par Laurence Ruffin, le renforcement de la majorité étant une issue envisagée.







