Le collectif des victimes des Lasalliens a récemment révélé que plus de 250 anciens élèves ont subi des violences physiques et sexuelles au sein d'une cinquantaine d'établissements catholiques en France. D'après des informations rapportées par France Bleu Besançon, le collectif envisage désormais de prendre des mesures au civil contre la Congrégation des Frères La Salle.
Depuis sa création en février dernier, ce collectif a vu son nombre de membres croître rapidement, témoignant d'un phénomène troublant : on parle de violations allant des années 1950 jusqu'aux années 2010. Les témoignages font état de viols, d'attouchements, ainsi que de tortures infligées à des enfants âgés de 5 à 15 ans. Un expert en sociologie, le Pr Michel Legrand, évoque un système qui aurait permis des abus sur une longue période.
Une cinquantaine d'établissements mis en cause
L'étendue des incidents constatés couvre l'ensemble du territoire national, impliquant des établissements réputés tels que Passy-Buzenval à Rueil-Malmaison et Saint-Genès à Bordeaux. À Besançon, l'enquête met en lumière le parcours troublant d'un religieux, surnommé le « Frère P. », décrit par certaines victimes comme un « superprédateur » ayant œuvré dans plusieurs écoles du Doubs et de Côte-d'Or entre 1966 et 1979. Selon les données fournies, douze victimes ont été identifiées dans le Doubs, tandis que seules deux plaintes, dont une pour viol relative au collège Saint-Joseph à Levier, ont été officiellement déposées.
Vers une action au civil et un fonds de 100 millions d'euros
Face à ce qu'il qualifie de violences « systémiques », Philippe Chemineau, le coprésident du collectif, exige la création d'un fonds de réparation de 100 millions d'euros. L'association critique également les pratiques de la Congrégation, qui aurait versé près de 2,4 millions d'euros à certaines victimes en contrepartie du silence imposé par des clauses de confidentialité. « C'est un accord commercial pour acheter le silence, c'est inacceptable », s'insurge Chemineau, qui a refusé de signer un tel accord.
La Congrégation des Frères La Salle, gérant 150 établissements en France, pourrait être tenue responsable au civil pour les préjudices subis par les victimes, la plupart de leurs cas étant hélas prescrits au pénal. Cette situation soulève des questions éthiques majeures concernant la protection des enfants dans les institutions éducatives, un sujet abordé dans un article du Valeurs Actuelles.







