Le nom d'Emile Louis, tristement célèbre, continue de hanter les mémoires, même des décennies après ses crimes. Ce "boucher de l'Yonne", comme il est surnommé, a avoué avoir enterré sept jeunes handicapées mentales entre 1975 et 1979 à Rouvray, près d’Auxerre. Dans un contexte aussi sinistre, de nouvelles fouilles ont été lancées ce lundi pour tenter de découvrir les dépouilles des victimes restantes.
Emile Louis a été condamné en 2004 à la réclusion criminelle à perpétuité pour des faits horribles, y compris des viols et des actes de barbarie. Il est décédé en prison en 2013, laissant derrière lui une affaire profondément complexe. Alors que seules deux des victimes ont été retrouvées à ce jour, l'association de défense des handicapées de l’Yonne (ADHY) espère découvrir d'autres corps grâce à ces recherches.
Une enquête marquée par les zones d'ombre
Le gendarme Christian Jambert, qui a joué un rôle crucial dans cette enquête, avait établi très tôt un lien entre le chauffeur de car et les disparitions. En effet, toutes les jeunes filles avaient un point commun : elles étaient souvent confiées à l'assistance publique. Une synthèse réalisée par Jambert en 1984 avait mis en évidence ce lien. Pourtant, malgré une réelle persistance des familles, l'affaire a connu des rebondissements malheureux, y compris le classement de plusieurs enquêtes.
Des victimes vulnérables ciblées
Les victimes d’Emile Louis, âgées de 15 à 25 ans, étaient toutes des jeunes femmes déficientes mentales. Leur vulnérabilité les a rendues cibles idéales aux yeux de Louis. Arrestation en 2000 et aveux en 2001 sont venus trop tard pour remonter le fil des disparitions et donner aux familles la closure qu'elles espéraient.
D'autres corps à découvrir ?
Les fouilles récentes visent également à exhumer de possibles restes d'une huitième victime, Marie Jeanne Ambroisine Coussin, dont le crâne a été découvert en décembre 2018 sur une zone identifiée par Louis lui-même. Les recherches s'annoncent difficiles : jusqu’ici, deux corps seulement ont été récupérés, et l’espoir de retrouver d'autres victimes se heurte aux limites de la mémoire et des archives judiciaires. Des fouilles précédentes en automne 2024 et mai 2025 n'ont pas abouti à des résultats probants, et l'incident tragique d'un gendarme décédé lors de ces opérations rappelle les dangers inhérents à la quête de la vérité.
Les nouvelles fouilles prévues devraient se poursuivre pendant deux semaines, laissant planer un léger espoir au sein des familles des disparues et des défenseurs des droits des handicapés.







