Fin juin 2025, lors d'un contrôle mené par la direction départementale de la protection des populations (DDPP) et la gendarmerie de Saône-et-Loire, des carcasses de vaches charolaises ont été découvertes au GAEC Jacob, à Savigny-sur-Grosne. Pierre Jacob, un éleveur de 34 ans, a vu sa vie basculer dans un drame invisible, plongé dans une dépression sévère sans en avoir conscience.
Alors que son exploitation était reconnue pour son savoir-faire, cet éleveur, considéré comme une référence par ses pairs, a sombré dans la solitude et l'isolement. « J'ai loupé quelque chose, j'aurais dû penser à l'humain », confie l'ancienne directrice du contrôle de performances bovins viande de la chambre d'agriculture, Martine Marquet, qui se sent tout autant touchée par cette tragédie.
Un an après cette catastrophe, Pierre et sa famille ont décidé de témoigner à travers un documentaire réalisé par Laurent Rebeyrotte. Cet homme de communication, touché par l’histoire de Pierre, a voulu mettre en lumière les enjeux psychologiques auxquels font face de nombreux agriculteurs. Comme il le souligne, la réalité d'une profession aussi exigeante implique souvent un sacrifice de l'être humain au profit de l'animal.
Le film nous plonge dans la souffrance de ce jeune éleveur qui, incapable de s'occuper de son bétail, a pris la décision tragique de les rassembler dans une stabule, privant ainsi la plupart d'entre elles de nourriture et entraînant leur mort. « C'est d'une violence insupportable d'imaginer que l'on puisse croire qu'il a laissé mourir ses vaches délibérément », déclare Rebeyrotte.
À travers ce documentaire, Pierre Jacob espère non seulement assumer ses responsabilités, mais aussi promouvoir le dialogue sur la souffrance psychologique dans le milieu agricole. Sa volonté de reprendre la main sur son exploitation est réelle, il aspire à retrouver l'équilibre en étant de nouveau en contact avec les animaux. Clémence Guérin, son avocate au barreau de Mâcon, rappelle que « vivre avec cette culpabilité est dévastateur », tant pour Pierre que pour ceux qui composent son entourage professionnel.
Pour le moment, le documentaire n'a pas de diffuseur officiel, mais Laurent Rebeyrotte est déterminé à sensibiliser le grand public à cette problématique essentielle. La crise de la santé mentale chez les agriculteurs mérite d'être discutée, car ses répercussions touchent non seulement les individus, mais l'ensemble du secteur. « Nous avons besoin d’une réaction rapide », conclut-il, soulignant que le système actuel, bien que doté de soutiens mutuels, reste insuffisant face à l'urgence de ces souffrances.







