Accusé de viols et agressions sexuelles sur 29 de ses patientes, Pierre Garitte, 37 ans, se retrouve dans le collimateur de la justice à Strasbourg. L'ostéopathe exerçait à Eschau, une banlieue huppée, depuis 2014. Les charges qui pèsent sur lui concernent des viols sur huit patientes et des agressions sexuelles sur 21 d'entre elles. L'accusation souligne qu'il aurait abusé de l'autorité conférée par sa profession.
Une première plainte dès 2018
Après avoir été placé en garde à vue, l'ostéopathe a d'abord soutenu pratiquer uniquement des « points de pression », mais a ensuite reconnu certains gestes, en niant toutefois toute intention sexuelle, selon des sources judiciaires. Son avocat, Yves Sauvayre, a affirmé qu'il défendrait son innocence et que ses gestes n'avaient aucun caractère sexuel.
Bien qu'une première plainte ait été déposée en 2018, l'enquête a réellement pris forme après qu'une patiente a signalé un viol en octobre 2020. En examinant son répertoire de patientes, les enquêteurs ont identifié d'autres victimes. Sendegul Aras, avocate de six parties civiles, a déclaré que cette affaire met en lumière une profonde violence, rappelant que ces femmes ont remis leur corps à un soignant, pensant que leur vulnérabilité devait être protégée par l'éthique du soin.
La question du consentement dans le soin
Ce procès s'inscrit dans un contexte où de plus en plus de professionnels de santé sont tenus responsables d'agissements inappropriés. Sonia Bisch, présidente de l'association Stop aux violences obstétricales et gynécologiques, a affirmé que la défense révélait une volonté de confondre le soin et l'agression. « On ne peut pas consentir à tout dans le cadre d'un soin », a-t-elle déclaré, ajoutant que des stratégies obscures de défense opportuniste pourraient brouiller les débats.
Les débats, qui devraient s'étendre jusqu'au 12 juin, débuteront par des questions de procédure avant d'explorer le fond de l'affaire ce mardi. La majorité des plaintes a été déposée récemment, et les accusations portent un poids lourd dans le contexte actuel, où les victimes commencent à s'exprimer davantage et où le tabou sur ces violences semble en train de se fissurer.







