Une avancée notoire pour les forces armées françaises : mercredi, le Parlement a approuvé, juste avant le 14 juillet, un budget de 436 milliards d’euros à débourser d’ici 2030. Malgré les échos de critiques concernant la portée et les financements de ce projet, le consensus sur l’urgence de la situation reste intact.
Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, ancien ministre des Armées, s'est félicité sur X de cette loi, la qualifiant de cruciale pour la France face à de nouvelles menaces. "Cette loi donne à la France les moyens de faire face aux menaces nouvelles et de protéger sa souveraineté", a-t-il affirmé.
Le Sénat a voté favorablement martelant la nécessité, suivi par l'Assemblée nationale qui a entériné le projet du gouvernement avec un score notable de 375 voix contre 113. Ce plan, basé sur la dernière loi de programmation militaire (LPM) adoptée en 2023, inclut une augmentation de 36 milliards d’euros permettant d'élever le budget militaire annuel à 2,5 % du PIB.
Chacune des années à venir au Parlement devra confirmer cette trajectoire budgétaire. Toutefois, certains soutiens affirment que des investissements déjà engagés dans l’industrie militaire sont difficiles à “débrancher”.
Cette loi vise à intégrer les leçons tirées des conflits d’Ukraine et du Moyen-Orient, en insistant particulièrement sur l’accroissement des stocks de munitions et le développement de technologies de drones, essentielles pour la modernisation des forces militaires.
Catherine Vautrin, ministre des Armées, a justifié cette décision en soulignant que "la guerre de haute intensité est revenue en Europe", alertant sur la diversification croissante des menaces, y compris dans les domaines cybernétiques et spatiaux.
Cependant, ces ajouts budgétaires suscitent une variété d'opinions dans l’hémicycle. Certains, y compris la droite sénatoriale, ont exprimé leurs réserves en retirant des articles principaux, provoquant un compromis minimal uniquement après une médiation. Ce compromis a consisté à avancer des dépenses initialement planifiées pour 2029-2030 vers 2028, tout en protégeant certains investissements pour les opérations extérieures.
L'ombre de la prochaine élection présidentielle plane sur cette trajectoire, car le futur Elu pourrait réviser complètement cette loi de programmation. Jean-Louis Thiériot, ancien ministre et co-rapporteur du texte, a évoqué un "choix de vérité" à venir.
Le soutien à la loi dépasse le camp gouvernemental avec l'adhésion de plusieurs partis d'opposition, y compris le Rassemblement national, néanmoins, le député Julien Limongi a controversé la loi, la qualifiant de corrective aux erreurs du passé sans véritable vision pour l'avenir.
De son côté, la députée socialiste Anna Pic a exprimé ses inquiétudes sur l’absence d’informations concernant le financement des 36 milliards supplémentaires, faisant remarquer que l’argent des autres secteurs essentiels ne sera pas illimité pour la défense.
Cette législation devrait par ailleurs introduire un nouvel "état d’alerte de sécurité nationale", octroyant au gouvernement des pouvoirs étendus pour contourner certaines régulations environnementales et d’urbanisme en cas de crise, ce qui a provoqué la colère de plusieurs députés écologistes.
Des compromis se dessinent également pour inclure des dispositifs antidrones dans des infrastructures civiles, tandis que la Journée Défense et Citoyenneté sera reconfigurée comme une Journée de mobilisation, favorisant une meilleure connaissance des armées.
Pour Emmanuel Macron, l’adoption de cette loi avant le 13 juillet et son discours aux armées était d’une importance symbolique, marquant une étape décisive pour la défense nationale.







