L'essentiel
- Bien que discret, l’ALSR joue un rôle crucial dans le défilé aérien du 14-Juillet, en fournissant des missions de renseignement indispensables aux forces armées.
- Baptisé Vador (vecteur aéroporté de désignation, d’observation et de reconnaissance), cet appareil est exploité par l'escadron 4/33 Périgord, basé à la BA 709 de Cognac.
- Il opère quotidiennement aux côtés des drones Reaper, participant également aux missions de renseignement.
Ce mardi, l'un des deux ALSR de Cognac se positionnera comme leader d'une patrouille de trois avions lors du défilé aérien, dans le cadre d'une démonstration sur le thème du « renseignement et surveillance ». Bien qu'il soit entouré d'appareils comme le Rafale et le Mirage, sa discrétion est essentielle à ses missions stratégiques, souligne plusieurs experts militaires.
Un rôle essentiel au service des armées
Comme son nom l'indique, l'ALSR, aussi désigné sous le nom de code Vador, est conçu pour effectuer des missions stratégiques de renseignement. Le lieutenant-colonel Jo précise que l'appareil est doté de capteurs image et électromagnétiques, exploités par un équipage de cinq personnes, qui peuvent partager des informations en temps réel avec d'autres aéronefs ou un centre d'opérations.
« Nous menons des missions de renseignement en préparation d'opérations militaires, afin d'évaluer les situations tactiques et les ordres de bataille », explique le lieutenant-colonel. Bien que l'ALSR puisse collaborer avec le drone Reaper, chaque appareil a ses responsabilités distinctes. L’ALSR est agile et peut être déployé rapidement, tandis que le Reaper, avec ses capacités durables, est plus lourd à mettre en œuvre.
Cependant, une des limites de l'ALSR réside dans le fait qu'il n'est pas conçu pour s'auto-protéger. Si cela était acceptable pour des missions d’unité récente, cela pourrait poser des problèmes dans des zones de conflit plus disputées, surtout à l'est de l'Europe. Des missions ont déjà été observées autour de l'exclave russe de Kaliningrad, démontrant l'évolution des tâches attribuées à cet appareil.
Un appareil avec des origines civiles
Ce bimoteur, qui repose sur une plateforme de Beechcraft 350 d'origine civile américaine, a été transformé par Sabena Technics, un industriel français. Actuellement, l'ALSR n'est pas le seul à mener des missions de renseignement pour l'armée française. Les quatre Awacs, qui devraient être progressivement remplacés par les GlobalEye de Saab d'ici 2030, accomplissent également des tâches similaires, bien que leur périmètre d'action soit plus étendu.
Alors que la loi de programmation militaire de 2019-2025 prévoyait l'acquisition de huit ALSR, le nombre a été réduit à trois, ce qui semble discutable face à la montée des besoins en renseignement. Néanmoins, l'armée de l'Air considère également la location d'appareils auprès de partenaires privés pour compenser le manque de ressources. Le troisième ALSR devrait être bientôt livré, mais sa destination sera la base aérienne 188 de Djibouti plutôt que Cognac.







