Le gouvernement maintient les quotas de logements sociaux pour plusieurs villes, malgré une montée de la demande. Cette décision a rencontré une vive opposition, notamment de la part de la présidente de l'Union sociale pour l'habitat (USH), Emmanuelle Cosse, qui souligne un écart entre les décisions politiques et la réalité du terrain. Le décret publié à la fin janvier permet à des villes comme Toulouse, Caen ou Dijon de minimiser leurs obligations.
Alors que le besoin de logements sociaux s’accroît, le texte modifie la notion de « seuil de tension », qui passera de 4 à 5.5, un ajustement qui, selon le gouvernement, vise à prendre en compte les réalités locales. Cependant, selon des experts, cette décision pourrait masquer l'aggravation de la pénurie de logements. Selon des chiffres de l'USH, les listes d'attente pour obtenir un logement social s'allongent, pouvant atteindre jusqu'à 20 ans.
Le ministère justifie cette révision par un manque de foncier dans certaines communes, un argument contesté par l’USH, qui a majoritairement voté contre cette modification. Au niveau national, on estime que 87 agglomérations et 144 intercommunalités restent sous l'obligation de respecter un taux de 20% de logements sociaux, laissant entendre que les défis sont loin d'être résolus.
« En bougeant ce taux, ils disent que c'est bon, on est dans les clous », s'indigne Cosse. Cette mesure pourrait perdurer alors même que le besoin en logements sociaux s'intensifie à travers la France, ce qui pourrait conduire à des tensions croissantes sur le marché locatif.







