Avant les avocats de Marine Le Pen, qui plaideront le mercredi 11 février, les conseils des dix autres prévenus ont pris la parole. Ils ont vigoureusement contesté la thèse de l'accusation, qui évoque un "système" de détournement de fonds publics, et mis en avant la prescription des faits. Les avocats ont surtout insisté sur la non-intention de leurs clients de commettre une infraction.
Les plaidoiries ont débuté le 3 février, avec une attaque frontale contre les preuves présentées, tout en tentant de minimiser les responsabilités. Les avocats réclament la relaxe de leurs clients ou, à défaut, une peine plus légère que celle demandée par le ministère public, jugée "disproportionnée" et "inappropriée".
Les enjeux du procès
Le RN, Marine Le Pen, et plusieurs ex-eurodéputés, ainsi que d’anciens collaborateurs, sont jugés en appel depuis le 13 janvier par la cour d’appel de Paris. Ils contestent leur condamnation prononcée pour détournement de fonds publics en première instance. Le tribunal avait établi qu’un "système" avait été mis en place entre 2004 et 2016 pour rémunérer des assistants qui œuvraient pour le parti en utilisant des fonds européens, à une époque de difficultés financières pour le FN.
La notion de "bonne foi" mise en avant
Si les prévenus ont reconnus certaines erreurs, ils continuent de plaider la "bonne foi". Les avocats s’efforcent de contrer les réquisitions du parquet général, qui réclame des peines de prison avec sursis qui pourraient avoir des répercussions politiques majeures. Ils mettent en garde contre la tentation d'en faire un procès à connotation politique, comme l'a souligné l'avocat de l'eurodéputé Nicolas Bay.
Défense des accusations de détournement
L'argument principal de la défense repose sur la définition de l'infraction de détournement de fonds publics, soulignant que l'activité d'un eurodéputé est plus politique qu'administrative, et ne devrait pas entrer dans la catégorie des missions de service public. Cette ligne de défense a d’ailleurs déjà échoué lors du premier procès.
La cour d’appel devrait annoncer sa décision après les plaidoiries de Marine Le Pen ce mercredi soir, avec un verdict prévu en été. Les enjeux sont considérables pour les prévenus, car une condamnation pourrait signifier la fin de leurs carrières politiques.







