Bruxelles a annoncé le développement imminent d'un système visant à protéger les enfants des dangers du web. Cette application de vérification d'âge devrait être opérationnelle prochainement, selon Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne.
« Nous avançons avec détermination dans l'application de nos règles europénnes », a affirmé von der Leyen lors d'une conférence de presse à Bruxelles, aux côtés de Henna Virkkunen, commissaire européenne chargée du numérique.
Bien qu'aucune législation contraignante n'ait encore été adoptée à l'échelle européenne, le Parlement européen a récemment soutenu une initiative visant à instaurer un âge minimum de 16 ans pour l’accès aux réseaux sociaux dans l’ensemble des États membres.
La technologie mise en avant repose sur une application sécurisée, accessible sur mobile et ordinateur, et qui sera open source. Cela signifie que le code pourra être analysé par quiconque, garantissant ainsi une transparence. Ce système, testé depuis 2025 en France et dans d'autres pays, permettra aux États de déployer leurs propres solutions de vérification d'âge, notamment sur des sites pour adultes. Les utilisateurs devront s'identifier via leur passeport ou carte d'identité pour prouver leur âge sans compromettre leur anonymat, comme l’a souligné Mme Von der Leyen.
L'UE a développé cette application en s’appuyant sur une technologie cryptographique appelée "zéro-connaissance", qui permet de valider des informations sans les dévoiler.
Un outil essentiel pour la sécurité des jeunes
« Cette application offre aux parents et enseignants un outil puissant pour protéger les enfants », a déclaré Ursula von der Leyen, en insistant sur l'importance d'un contrôle strict vis-à-vis des entreprises ne respectant pas les droits des jeunes. Elle a mis en lumière qu'au moins douze pays européens, tels que le Royaume-Uni et la Norvège, ont déjà adopté ou envisagent d’adopter des lois définissant un âge minimum pour l'utilisation des réseaux sociaux.
Debat sur l'anonymat
Néanmoins, certains experts expriment des réserves sur cette approche. Bastien Le Querrec, juriste de l'association La Quadrature du Net, souligne que « cette technique ne garantit pas un anonymat total, puisqu'elle nécessite une identification par un tiers de confiance. »
À la suite de l'Australie, plusieurs pays européens envisagent des restrictions face aux préoccupations croissantes liées à l'impact des réseaux sociaux sur la santé et la sécurité des mineurs. En France, récemment, le Sénat a adopté un projet de loi interdisant l'accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans, bien que cette version soit moins stricte que celle votée par l'Assemblée nationale.







