Blindés escortés par des drones et bruit d'explosions remplissent l'air : le salon Eurosatory s'est ouvert près de Paris, dévoilant une Europe qui se prépare à des défis militaires bien au-delà du conflit ukrainien.
Avec une inauguration marquée par des démonstrations impressionnantes, l'événement se déroule jusqu'à vendredi à Villepinte, au nord-est de la capitale française. Ces simulations de combat transmettent une vision de ce à quoi pourrait ressembler un conflit contemporain de haute intensité.
Selon le général Philippe de Montenon, commandant des opérations terrestres en Europe, « nous nous préparons à des combats du type de ceux que mènent courageusement les Ukrainiens », a-t-il déclaré à l'AFP.
Charles Beaudouin, commissaire du salon et ancien responsable de l'Armée de terre française, partage ce sentiment. Il évoque une potentielle « fenêtre d'opportunité » pour Vladimir Poutine afin d'initier des offensives ailleurs en Europe à mesure que la situation ukrainienne se stabilise, une analyse soutenue par plusieurs experts militaires.
Le général de Montenon souligne que la probabilité d'un affrontement avec la Russie à l'Est est grandissante, affirmant que « notre priorité est d'être prêts pour ce choc, dès maintenant ».
- L'ère des drones et de la robotisation -
Les conflits modernes exigent des ressources considérables en munitions et en vies humaines, et sont marqués par une forte utilisation de drones, comme le précise le général.
À Eurosatory, les drones dominent le paysage des démonstrations. Les chars, confrontés aux menaces aériennes, sont désormais équipés de dispositifs de protection contre les drones.
« Les systèmes antidrones sont désormais omniprésents », confirme Mathieu Dumontet de Rheinmetall Canada, qui assure que le char n'est pas obsolète tant qu'il est protégé et accompagné de technologies autonomes.
En France, l'armée de terre, qui comptait 4.000 drones fin 2025, est en pleine modernisation avec l'acquisition prévue de 14.000 drones, selon Olivier Coquet, un responsable. Cela maximise leur préparation et leur capacité de formation, répondant aux exigences contemporaines du combat.
- L'expertise ukrainienne en forte demande -
L'expertise de l'Ukraine est particulièrement convoitée au salon, accueillant 80 entreprises ukrainiennes cette année, contre seulement dix lors de l'édition précédente. Ces entreprises présentent leurs innovations en matière de drones et de systèmes d'armement, façonnés par leur expérience sur le terrain face à la Russie.
« Les Ukrainiens sont tellement en avance que nous ne pouvons que les imiter », admet Charles Beaudouin, qui souligne que des experts ukrainiens ont été sollicités dans divers pays du Golfe, exposés à des menaces similaires.
Cependant, les alliances formelles entre la France et l'Ukraine restent limitées, bien que des initiatives, comme celle d'Airbus avec la société ukrainienne SkyFall, marquent une évolution positive.
La participation israélienne, initialement restreinte l'année précédente, est également significative cette année. Des entreprises israéliennes présentent leurs systèmes de défense, dont le célèbre « Iron Dome », qui pourrait s'avérer crucial dans le contexte actuel de tensions géopolitiques.
Le commissaire du salon a averti que la présence « ambiguë » d'armements offensifs serait suivie de près, laissant entendre que tout participant violant ces critères pourrait se voir exclu de l'événement.







