Canicule et surpopulation : le cauchemar du centre pénitentiaire de Poitiers-Vivonne

La chaleur accablante crée un environnement irrespirable pour détenus et surveillants.
Canicule et surpopulation : le cauchemar du centre pénitentiaire de Poitiers-Vivonne
Selon le syndicat CGT pénitentiaire, la température dans la prison est la même que celle de l’extérieur. © (Photo illustration NR-CP, Mathieu Herduin)

Surveillants et détenus subissent sans relâche les fortes chaleurs de ces derniers jours. Alors que le bâtiment est particulièrement exposé, les températures semblent s’aligner sur celles de l’extérieur. La situation est d’autant plus critique en raison d’une surpopulation carcérale alarmante.

« Il y fait aussi chaud que dehors. C’est un bloc de béton qui chauffe toute la journée. » C'est le constat amer d'un surveillant concernant les conditions à Poitiers-Vivonne. Avec plus de 900 détenus, la maison d’arrêt atteint un taux d'occupation de 200 %. Cette surpopulation complique assurément la vie en période de canicule.

« C’est difficile pour les détenus, parfois trois par cellule de 9 m2, mais c’est tout autant éprouvant pour les surveillants, uniformes et gilets pare-balles compris, qui doivent gérer des mouvements constants. » Ce sentiment est partagé par un représentant syndical de la CGT pénitentiaire. La chaleur nocturne, semblable à celle des logements ordinaires, ne laisse aucune échappatoire. Seuls les bureaux bénéficient de la climatisation.

Pour atténuer les effets de cette canicule accrue, des bouteilles d’eau sont distribuées aux détenus, notamment à un homme de 86 ans, qualifié de fragile par le personnel. « Nous avons plusieurs individus à risque. »

La chaleur peut-elle exacerber la tension et accroître les incidents ? Pour l’instant, le syndicaliste pense que non. « La chaleur fatigue plus qu’elle n’excite. Il est crucial de reconnaître le professionnalisme des agents qui, malgré des conditions ardues, s’efforcent de maintenir l’ordre. »

« Un mouvement pourrait partir »

Cette canicule précoce, qui fait suite à un premier épisode en mai, attire l’attention sur la gravité de la situation pour l’avenir. « Nous restons sur nos gardes. Dans de telles conditions, un mouvement pourrait éclater rapidement. » La surpopulation carcérale s'est intensifiée depuis l'été 2024. « La possibilité de placer quatre détenus par cellule a été évoquée, mais nous avons réussi à nous opposer à cela. Ce qui est certain, c’est que nous allons devoir gérer cette surpopulation tout en affrontant la chaleur. » Le risque d'incendies aux abords de la prison s'ajoute également à cette situation déjà préoccupante.

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