Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a exprimé son soutien pour la création d'un fichier administratif de surveillance des pédocriminels, s'inspirant des fiches S utilisées pour la sécurité nationale. Cette déclaration a eu lieu lors d'une séance de questions au gouvernement, à l'initiative du député Antoine Vermorel-Marques qui propose une loi visant à rassembler les données issues des différents fichiers judiciaires pour mieux anticiper les risques d'atteintes sexuelles sur les mineurs.
Cette proposition fait écho à l'affaire tragique de Lyhanna, une fillette de 11 ans, qui a été victime de violences alors que son meurtrier présumé, Jérôme Barella, avait déjà été signalé à plusieurs reprises sans que des mesures de suivi adéquates soient prises. "Je suis personnellement en faveur de cette proposition," a déclaré Darmanin, affirmant que des dispositifs seraient inclus dans le projet de loi sur la protection de l'enfance qui sera bientôt examiné par l'Assemblée nationale.
Un outil inspiré du renseignement
Dans ses interventions, Darmanin a souligné l'importance d'un débat autour de la création de fichiers administratifs semblables à ceux utilisés dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. "Ce fichier ne permettra pas d'interpellations, mais de surveillances," a-t-il justifié. Pour que cette initiative se concrétise, l'accord de la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil) est crucial, mais l'institution a déjà exprimé des réserves depuis plusieurs années.
Selon la Cnil, la création et l'interconnexion de fichiers liés à la sécurité relèvent du domaine légal et nécessitent un avis préalable. Elle précise qu'une fois les fichiers établis, elle pourrait effectuer des contrôles pour s'assurer de leur conformité.
Réactions et perspectives
Antoine Vermorel-Marques, saluant l'engagement de Darmanin, a insisté sur la nécessité de traduire ces promesses en actes législatifs. "Il est impensable de continuer à disperser les informations cruciales entre différents services," a-t-il lancé. Les victimes et leurs familles attendent des mesures concrètes pour protéger les enfants contre les prédateurs sexuels connus.
Gabriel Attal, président de Renaissance, a également apporté son soutien à cette initiative, soulignant l'urgence de détecter plus rapidement les individus susceptibles de nuire aux enfants. Ces discussions interviennent dans un contexte où la société civile demande à ce que des mesures soient mises en place pour éviter de futurs drames.







