La cour d'appel de Lyon a pris une décision ce mardi 23 juin, en rejetant la demande de mise en liberté de l'ancien anesthésiste Frédéric Péchier. Condamné à perpétuité pour 30 empoisonnements, dont 12 mortels, dans des cliniques de Besançon, il avait interjeté appel de sa condamnation.
La chambre de l'instruction de la cour d'appel du Rhône a motivé son refus par plusieurs facteurs, notamment "le risque de pressions sur les témoins et victimes, le risque de renouvellement des faits, ainsi que des dangers exceptionnels pour l'ordre public".
Le procès en appel de Péchier, désigné par la cour d'assises du Doubs comme "tueur en série", est prévu à Lyon en septembre 2027. À 54 ans, l'ex-anesthésiste maintient son innocence et espérait obtenir sa liberté pour pouvoir travailler en dehors de sa cellule afin de prouver son innocence.
Trente patients empoisonnés, douze décédés
Frédéric Péchier a été déclaré coupable, après un procès de trois mois et demi qui a eu lieu entre 2025 et 2026, d'avoir empoisonné 30 patients, de 4 à 89 ans, entre 2008 et 2017. Parmi eux, 12 sont morts après que Péchier a contaminé des poches de perfusion, dans une tentative perverse de nuire à d’autres médecins avec qui il était en conflit.
La peine de prison à perpétuité inclut une période de sûreté de 22 ans. Sa première demande de liberté avait été rejetée en février à Besançon, une décision confirmée par la Cour de cassation au mois de mai.
Lors de l'audience à Lyon, l'avocate générale avait insisté sur les risques potentiels de fuite et de "représailles" de la part des familles des victimes. Pendant les sept années d'instruction, Péchier avait été en liberté sous contrôle judiciaire.
Un but déstabilisant et inquiétant
L'accusation a affirmé que le praticien aurait utilisé des substances toxiques pour provoquer des arrêts cardiaques ou hémorragies chez des patients ayant subi des interventions chirurgicales par d'autres praticiens. Son intention semblait être de perturber mentalement ses collègues, renforçant sa recherche de pouvoir.
Péchier aurait parfois tenté de réanimer les patients qu'il avait aimablement empoisonnés, cherchant ainsi à montrer ses compétences médicales. Bien qu'il ait nié ces accusations pendant l'instruction, il a finalement reconnu qu'un empoisonnement avait eu lieu dans l'une des cliniques où il travaillait, tout en affirmant que ce n'était pas lui qui en était responsable.







