Depuis lundi, neuf membres de la CRS 43, jugés à Paris pour avoir brutalisé des gilets jaunes dans un Burger King en 2018, affirment n’avoir fait que leur travail durant les manifestations du mouvement. Ce procès, qui s'étend sur plusieurs jours, met en lumière des événements traumatisants qui perdurent dans l’esprit des victimes, encore sept ans après les faits.
Ces policiers, à l’époque en service, doivent répondre de violences volontaires avec des circonstances aggravantes. Les incidents s’étaient produits le 1er décembre 2018, pendant l'acte 3 des « gilets jaunes ». Les manifestants, fuyant la répression policière et asphyxiés par le gaz lacrymogène, avaient cherché refuge dans le restaurant, sans opposer de résistance.
« Il faut que cette violence gratuite soit reconnue, » a plaidé une partie civile, une jeune mère de famille qui vivait son premier acte de protestation. Son témoignage met en lumière le climat d’angoisse vécu ce jour-là, marquant le début d’un long chemin de douleur pour de nombreuses personnes présentes.
Alors que les forces de l’ordre forçaient les manifestants à quitter la place de l’Étoile, des témoignages révélateurs émergent. « On était dans un nuage, on ne respirait plus, » raconte un homme, indiquant que la situation était devenue chaotique. Des manifestants ont élargi le restaurant comme un havre de paix, espérant retrouver leur souffle dans un environnement devenu hostile.
Au cœur de ce tumulte, un manifestant, qui avait tenté de se protéger, raconte avoir reçu 27 coups de matraque. Il se souvient, ému, des cris de détresse des autres clients du fast-food, tandis qu'il se battait pour rester sur ses pieds. « Je lève les bras en l’air, mais je suis poussé... »
La peur et l'angoisse déclenchées ce jour-là ont laissé des blessures, tant physiques que psychologiques. Un autre témoin du procès confie : « Au quotidien, je me mets à trembler dès que je croise un policier en uniforme. » Des promesses de justice se sont heurtées à la réalité : le désespoir et la souffrance persistent.
Dans une intervention marquante, l'un des prévenus ne montre aucun regret, déclarant : « Des excuses, je n’en ferai pas. Je ne vais pas m’excuser d’avoir fait mon travail. » Les plaidoiries des avocats et les réquisitions du parquet sont attendues avec impatience, alors que ce procès fait écho à des questions plus larges sur l'usage de la force et la légitimité des actions policières durant les manifestations.







