Les États-Unis s'apprêtent à imposer un blocus aux ports iraniens à partir de ce lundi, suite à un dialogue qui n'a pas abouti. Téhéran, qualifiant cette action de "piraterie", a menacé de répondre en ciblant d'autres ports de la région.
À 14h00 GMT, le président américain Donald Trump appliquera sa décision, suscitant immédiatement une flambée des prix du pétrole, avec le Brent dépassant les 100 dollars le baril. Une situation qui préoccupe particulièrement la Chine, dépendante de ses importations d'hydrocarbures.
L'armée iranienne a fustigé ce blocus jugé "illégal", affirmant que sa sécurité pourrait avoir des répercussions sur l'ensemble des ports du Golfe. Le commandement militaire iranien a averti que les installations maritimes de la région ne seraient pas à l'abri si les ports iraniens étaient menacés.
Dans un contexte déjà tendu, les analystes du Soufan Center notent que cette stratégie vise principalement à priver l'Iran de ses revenus d'exportation, tout en faisant pression sur la Chine pour qu’elle incite Téhéran à lever le blocage du détroit d'Ormuz, voie essentielle pour le commerce mondial d'hydrocarbures.
La réaction de Pékin ne s'est pas fait attendre. La Chine a demandé le rétablissement d'une navigation "sans entraves" dans cette zone stratégique. De son côté, le ministre turc des Affaires étrangères Hakan Fidan a appelé à la réouverture des voies maritimes au plus vite.
Il est intéressant de noter que le blocus naval américain est critiqué même par ses alliés. Le Premier ministre britannique, Keir Starmer, a exprimé son opposition, soulignant que "nous ne soutenons pas le blocus", tandis que l'Espagne a qualifié cette initiative de "sans sens". En Allemagne, le chancelier Friedrich Merz a averti des conséquences durables de ce conflit sur l'économie européenne.
Après plus de 20 heures de pourparlers infructueux au Pakistan, l'incapacité à parvenir à un accord a amplifié les inquiétudes concernant la stabilité régionale, en particulier après six semaines de conflit ayant causé plus de 6 000 morts, principalement en Iran et au Liban.
Le cessez-le-feu temporaire, prévu pour s'achever le 22 avril, reste précaire. Bien que le Pakistan ait appelé les parties à respecter l'accord, ni Washington ni Téhéran n'ont abordé ce sujet lors des discussions.
Donald Trump a imputé l'échec des négociations à l'attitude des Iraniens vis-à-vis de leur programme nucléaire, une affirmation que Téhéran a catégoriquement démentie. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a qualifié cette situation de bloquage du processus de paix, attribuant la responsabilité aux "malentendus" américains.
Au Liban, où le conflit s'intensifie, les frappes israéliennes continuent de semer la mort, avec quatre personnes tuées lors d'une récente attaque. Le Hezbollah a également intensifié ses actions en lançant des roquettes sur des localités israéliennes. Plus de 2 000 vies ont été perdues dans ce pays à cause de ce conflit, et des discussions sont programmées entre des représentants libanais et américains à Washington, après le feu vert donné par Israël sous pression des États-Unis.
Lors d'une visite dans le sud libanais, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a déclaré que "la guerre se poursuit", tandis que son homologue libanais, Nawaf Salam, a réitéré son engagement à trouver par la négociation un retrait total des forces israéliennes.







