Donald Trump a exprimé lundi sa volonté de "détruire" tout "navire d'attaque rapide" iranien, exhortant à une application sévère du blocus maritime américain des ports iraniens, intervenu après l'échec des négociations entre les deux nations.
L'Iran a réagi en condamnant cette initiative, la qualifiant d'"illégale" et de "piraterie", avertissant que des représailles pourraient viser les ports de ses voisins du Golfe si la sécurité de ses propres installations maritimes était compromise.
Le blocus, annoncé par l'armée américaine, a été mis en vigueur à 14H00 GMT, mais les détails sur son exécution restent flous. Trump a averti sur sa plateforme Truth Social : "Si l'un de ces navires s'approche ne serait-ce qu'un peu de notre BLOCUS, il sera immédiatement DETRUIT".
Cette déclaration a de nouveau fait flamber les cours du pétrole, créant des incertitudes sur les marchés mondiaux. Selon le Soufan Center à New York, il semble que Trump vise à limiter les revenus d'exportation de l'Iran afin de contraindre ses principaux acheteurs, notamment la Chine, à faire pression sur Téhéran pour lever son blocus du détroit d'Ormuz.
Depuis le début de l'escalade militaire le 28 février, Téhéran a verrouillé le détroit d'Ormuz, vital pour le commerce mondial des hydrocarbures, et impose des conditions de passage. La Chine, qui dépend fortement du pétrole iranien, ainsi que des pays comme la Turquie et l'ASEAN, réclament un rétablissement d'une circulation maritime sécurisée dans cette zone cruciale.
Le Qatar a, pour sa part, appelé à ne pas transformer les voies maritimes en outils de pression, tandis que l'agence maritime de l'ONU a précisé qu'aucun pays ne possède le droit de bloquer la navigation dans le détroit d'Ormuz.
- Critiques des alliés -
Le soutien du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, au blocus américain était attendu, tandis que des pays européens comme le Royaume-Uni et l'Espagne ont exprimé leur désaccord en le qualifiant de mesure sans sens. La France a annoncé la tenue d'une conférence avec le Royaume-Uni pour initier une mission pacifique visant à restaurer la liberté de navigation dans le détroit, sans lien avec l'initiative américaine.
L'échec des pourparlers au Pakistan suscite de vives inquiétudes, alors qu'une guerre violente a déjà causé plus de 6 000 décès, principalement en Iran et au Liban, perturbant l'économie mondiale. Le Premier ministre pakistanais, qui agit comme médiateur entre Téhéran et Washington, a confirmé que "tous les efforts sont déployés" pour résoudre les différends en suspens, bien que le cessez-le-feu en cours, échéant le 22 avril, soit toujours fragilisé.
Pourtant, les deux puissances n'ont pas indiqué leurs intentions concernant le respect de la trêve. Des sources rapportent qu'Ankara, avec le soutien du Pakistan et de l'Égypte, continuera à faciliter des discussions entre les deux parties afin de parvenir à un accord.
Trump a déclaré que la responsabilité de l'impasse incombe à l'Iran, lui reprochant son refus de se débarrasser de ses ambitions nucléaires, ce que Téhéran dément. Selon la République islamique, un accord était proche, mais le déterminisme américain a fait obstacle. Netanyahu a précisé que la rupture provenait de l'impossibilité des États-Unis d'ouvrir immédiatement le détroit d'Ormuz, tout en signalant que la question centrale reste le nucléaire.
La Russie a également réitéré sa volonté d'accueillir en son sein l'uranium hautement enrichi de l'Iran dans le cadre d'un futur accord de paix.
- Poursuite des attaques au Liban -
Au Liban, front principal de la guerre, Israël continue ses frappes contre le Hezbollah, affirmant que ce dernier n'est pas inclus dans le cessez-le-feu. Les autorités libanaises ont rapporté la mort de quatre personnes suite à une attaque israélienne au sud du pays. Pendant ce temps, les forces israéliennes affirment avoir encerclé la ville de Bint Jbeil au cours de leur offensive terrestre.
Dans ce contexte, des pourparlers entre représentants libanais et israéliens se tiendront à Washington pour envisager des négociations directes en vue d'un cessez-le-feu. Le gouvernement libanais s'engage à ne ménager aucun effort pour obtenir, par les voies pacifiques, le retrait total d'Israël.







