Présentée comme un jouet antistress, la poupée Natasha suscite une controversy majeure sur les réseaux sociaux chinois, où elle est devenue un défouloir pour des millions d’internautes. Cette création en caoutchouc, déclinée en plusieurs teintes, imite un nourrisson et est commercialisée sur les principales plateformes chinoises pour environ 6 euros, mais en réalité, elle est devenue un véritable punching-ball pour certains utilisateurs.
Souffrances et dérision
Les vidéos qui circulent sur des plateformes comme Douyin et Xiaohongshu démontrent un traitement inacceptable de cette poupée. Les internautes s’amusent à la frapper, à la détruire ou même à la transformer pour la rendre « plus acceptable ». Certains clips choquants montrent la poupée noire mise à mal, piétinée ou gonflée jusqu’à éclater. Le tout est présenté sous une forme humoristique qui laisse perplexe.
Ce phénomène ne se limite pas à quelques vidéos isolées. Plus de 4,85 milliards de vues ont été enregistrées par ces contenus sur Douyin, et près de 190 millions sur Xiaohongshu, principalement de la part d’enfants et d’adolescents. Ils semblent trouver dans cette mise en scène un moyen de libération, un défoulement face à la pression sociale actuelle. Un utilisateur justifiait même que « la poupée blanche subirait une violence trop humaine » pour être maltraitée.
La tendance choque et révèle des couches profondes de racisme en Chine à l’encontre des populations africaines. Des événements passés, comme une publicité controversée d'une marque de lessive de Shanghai où un homme noir était transformé après avoir été lavé, mettent en lumière cette dérive. Ce récent incident nous pousse à interroger la question de l’empathie dans une société marquée par l’individualisme et la solitude.
Le débat qui s’ouvre autour de la poupée Natasha n’est pas anodin. Les mises en scène de maltraitance sont un dont qui résonne dans une Chine moderne, souvent en quête de futilités virales. Comme le souligne un observateur, le traitement infligé à cette poupée révèle non seulement une légèreté troublante mais également un reflet déformé des valeurs de la société. Comment les jeunes générations interprètent-elles ces contenus, et quelle responsabilité les plateformes prennent-elles face à des comportements aussi discutables ?







