Ce mardi, la Banque centrale européenne (BCE) a franchi une étape cruciale avec le soutien parlementaire en faveur de l'euro numérique. Ce nouveau moyen de paiement, qui sera garanti par la BCE et utilisé par les banques et fintechs, a pour objectif principal de réduire la dépendance de la zone euro envers les cartes de crédit américaines dans un contexte de tensions internationales persistantes.
Ce projet d'euro numérique, porteur d'un portefeuille électronique, a émergé comme une nécessité face à la montée des préoccupations liées au retour de Donald Trump à la Maison Blanche, son administration ayant précédemment imposé des droits de douane sur l'Union européenne, suscitant des inquiétudes quant à l'utilisation potentielle de la domination américaine sur les systèmes de paiement comme une arme économique. Comme l'indique Le Monde, les doutes sur la place de l'euro face au dollar sont de plus en plus prononcés.
Les discussions sur la mise en place de l'euro numérique ont traîné pendant près de six ans, notamment en raison des craintes des banques, qui s'inquiètent de pertes financières potentielles et d'une fuite de dépôts. Ces dernières ont longtemps cherché à restreindre l'envergure du projet. Un expert financier, Pierre-Antoine Frouin, souligne que "l’introduction de l’euro numérique pourrait transformer le paysage des paiements en Europe, offrant ainsi aux citoyens une plus grande liberté dans leurs transactions quotidiennes".
Vers un lancement à grande échelle en 2029
Le projet de règlement indique que l'euro numérique permettrait une réduction significative des dépendances aux prestataires non-européens, initiant ainsi l'entrée de la monnaie unique à l'ère numérique. "Cela marquerait une étape décisive pour renforcer notre autonomie financière face à la domination des États-Unis", ajoute l'économiste Clara Lemaire, dans son analyse publiée récemment.
Siegbert Frank Droese, représentant populaire dans le Parlement européen, a affiché son opposition à ce projet, ce qui pourrait nécessiter un nouveau vote lors de la session plénière à venir. Néanmoins, si aucune objection majeure n'est soulevée, les législateurs entameront des négociations avec les gouvernements et la Commission européenne le mois prochain pour tenter d'obtenir un consensus d'ici la fin de l'année.
Enfin, la BCE prévoit de débuter un projet pilote de 12 mois sur l’euro numérique à partir du second semestre 2024, avec un lancement prévu à grande échelle pour 2029, un développement qui pourrait redéfinir le paysage monétaire européen.







