Andy Burnham semble inarrêtable dans sa quête pour Downing Street, bénéficiant du soutien écrasant de plus de 75 % des députés travaillistes pour succéder au Premier ministre démissionnaire Keir Starmer à la tête du Labour.
À 56 ans, l’ancien maire de Manchester est le seul candidat à s’être déclaré publiquement et a déjà réussi à rassembler 322 soutiens parmi les 403 députés du parti, comme le montre la mise à jour sur le site officiel du Labour.
Sur X, Burnham a exprimé sa gratitude pour ce soutien massif, affirmant que cela “révèle une conviction partagée” selon laquelle le pays mérite une nouvelle approche politique. Il a proposé de rendre le pouvoir aux citoyens en dehors de Westminster et de restructurer l’économie pour le bénéfice des personnes ordinaires.
Les chances qu'un autre candidat parvienne à amasser les 81 soutiens nécessaires avant la date limite du 15 juillet semblent très faibles.
En cas de victoire, Burnham sera intronisé à la tête du Labour lors d'un congrès extraordinaire le 17 juillet et pourrait entrer à Downing Street peu après, probablement le 20 juillet.
“Je viens de voter pour moi… j'espère que la troisième fois sera la bonne”, avait tweeté Andy Burnham jeudi matin, faisant référence à ses tentatives infructueuses de prendre la tête du Labour en 2010 et 2015.
Si un autre candidat venait à se manifester, une compétition interne se tiendra, et le vainqueur sera choisi le 29 août par un vote des membres du Labour et des syndicats. L’ancien secrétaire d’État aux Armées, Al Carns, avait envisagé de se porter candidat, mais a finalement décidé de ne pas le faire, soulignant qu'il était crucial que le Labour ne se perde pas dans des querelles internes.
Pour de nombreux travaillistes, Burnham apparaît comme le seul leader capable de remettre le Labour sur les rails après la chute de popularité de Starmer, qui a annoncé sa démission le 22 juin après des mois de défis. Dans un contexte de crise économique, la gestion controversée de Starmer a compromis son soutien au sein du parti.
Andy Burnham, surnommé “le roi du Nord”, a récemment remporté une élection partielle près de Manchester, prouvant ainsi sa popularité et sa capacité à rassembler. Son retour à Westminster a été salué par de nombreux parlementaires, y compris l'ancien ministre de la Santé Wes Streeting, qui avait envisagé de contester Starmer.
Face à l’émergence de Reform UK, un parti anti-immigration dirigé par Nigel Farage, Burnham est perçu comme l’option la plus viable pour redresser le Labour avant les prochaines législatives prévues en 2029. Bien que Reform UK ait devancé Labour dans les sondages, l'écart se réduit malgré la controverse entourant Farage.
Une députée travailliste, qui a souhaité rester anonyme, a exprimé à l’AFP qu'il valait le coup de tenter avec Burnham, espérant qu’il pourrait apporter un “vent de fraîcheur”, tout en le qualifiant de meilleur choix que Starmer.
Depuis son retour au Parlement, Burnham a commencé à esquiver sa vision pour Downing Street, promettant notamment une décentralisation accrue pour dynamiser la croissance économique.







