LFI conteste son classement à « l’extrême gauche ». Le RN celui à « l’extrême droite ». Pourtant, ces appellations n’ont plus aucun effet repoussoir.
La récente désignation de La France insoumise (LFI) comme parti « d’extrême gauche » dans une circulaire du ministère de l’Intérieur suscite des réactions vives. Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste, a déclaré ce dimanche que cette classification n’était pas « juste ». Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a de son côté justifié cette étiquette en arguant que « Chez La France insoumise, il y a un refus de la discussion parlementaire et des appels systématiques à la censure ».
Les Insoumis réagissent vigoureusement, avec leur dirigeant Manuel Bompard qui n'écarte pas la possibilité de porter l’affaire devant le Conseil d’État. D’un autre côté, Sebastien Chenu, vice-président du Rassemblement national, appuie ouvertement cette évaluation, affirmant que LFI « répond aux critères de ce qu’est l’extrême gauche ». Selon lui, le parti incarne « la violence et l'anticapitalisme ».
Cette dynamique révèle une montée de l'extrémisme, tant à gauche qu'à droite, qui trouve un écho favorable dans l'opinion publique. L'application du terme « extrême » semble avoir perdu son efficacité dissuasive, incitant à s'interroger sur le sens et la portée de ces étiquettes. Comme l'indique un rapport du journal Le Monde, l'extrémisme politique semble s'enraciner davantage dans le paysage électoral français.
Ce phénomène interroge cependant les bases mêmes du discours politique, à une époque où les anciennes définitions pourraient ne plus suffire. À ce titre, les ces appellations pourraient bien être justifiées, mais l'impact qu'elles ont sur l'électorat est à reconsidérer, sous peine de vivre un nouvel épisode d'« étrange défaite » sur le plan démocratique.







