Quand la législation s'attaque aux dérives d'OnlyFans et Mym

Une nouvelle loi vise à contrer le proxénétisme numérique dans l'univers des créateurs de contenus.
Quand la législation s'attaque aux dérives d'OnlyFans et Mym
Les plateformes comme OnlyFans ou Mym ont été grandement popularisées à la faveur de la crise sanitaire du Covid-19. François Bouchon / Le Figaro

Une nouvelle proposition de loi examinée au Sénat ce 10 février vise à identifier et condamner les « managers » qui évoluent autour des créateurs de contenus pour adultes sur des plateformes comme OnlyFans et Mym. Ces deux sénatrices des Républicains, Marie Mercier et Lauriane Josende, entendent ainsi modifier la législation en créant un délit d'« exploitation sexuelle en ligne », visant spécifiquement les intermédiaires qui gèrent ces réseaux.

Depuis l'essor de ces plateformes, notamment pendant la pandémie, certaines pratiques ont vu le jour qui peuvent être assimilées, selon Josende, à du « proxénétisme 2.0 ». Le texte initial prévoyait une sanction pour les animateurs de réseaux et les clients, mais a été ajusté en raison de préoccupations sur la définition légale de la prostitution, comme l'a rapporté Le Figaro.

Alors que la commission des lois a décidé de se concentrer sur la « traite d'êtres humains », l'objectif est de renforcer les mesures contre ceux qui profitent de la vulnérabilité des créateurs de contenu. Le projet stipule que toute exploitation, y compris des menaces ou du chantage, exposera les managers à de sévères sanctions allant jusqu'à sept ans de prison et 150 000 euros d'amende. Pour les mineurs, ces peines peuvent grimper jusqu'à 10 ans et 1,5 million d'euros d'amende.

Ce texte vise également à établir une coopération entre les plateformes et les autorités de police afin de lutter efficacement contre l'exploitation en ligne. Les sénatrices affirment que les entreprises comme OnlyFans et Mym sont prêtes à se plier aux nouvelles réglementations, même si des défis demeurent, notamment le risque de contournement par des moyens non réglementés. Ces mesures seront scrutées attentivement lors de leur passage à l'Assemblée nationale.

Au-delà de la lutte contre le proxénétisme numérique, cette initiative soulève des questions sur l'avenir des activités sexuelles rémunérées sans contact physique et les implications juridiques qui en découlent. Dans une société de plus en plus numérique, la protection des individus s'avère cruciale tout en respectant leur liberté personnelle. L'examen de cette proposition sera donc crucial pour l'avenir du secteur et des millions d utilisateurs de ces plateformes.

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