La ville de Toamasina, deuxième plus grande de Madagascar, a été frappée de plein fouet par le cyclone Gezani, des rafales atteignant jusqu'à 250 km/h ayant causé au moins 20 décès, d'après un bilan encore provisoire des autorités.
Les dégâts sont considérables, avec près de 75 % de la ville réduite à néant. Le colonel Michaël Randrianirina, figure de proue du territoire, a qualifié cette catastrophe d'« inédite », ajoutant que la situation dépasse largement les capacités de Madagascar à gérer l'urgence. Il a lancé un appel à la solidarité internationale pour venir en aide à la population sinistrée.
Des milliers de personnes sont également dans la tourmente, avec 15 disparues et 33 blessées gravement, selon le Bureau national de gestion des risques et catastrophes (BNGRC). En conséquence, toutes les liaisons aériennes vers Toamasina sont suspendues, à l'exception des vols humanitaires et militaires. Pour épauler les opérations de secours, quinze membres de la protection civile des armées ont été envoyés sur place.
« Une situation chaotique »
Le responsable régional de l'ONG Action contre la Faim, Rija Randrianarisoa, décrit un tableau de désolation : « C'est le chaos total ; 90 % des toits se sont envolés. Les routes sont totalement impraticables, car jonchées d'arbres et de débris. »
Les données de l'Institut national de la statistique révèlent que 71,9 % des bâtiments à Madagascar sont vulnérables, construits avec des matériaux précaires. Dans ce contexte, le cyclone Gezani est comparé à celui de Geralda, en 1994, qui avait déjà fait basculer le pays dans le drame, avec 200 morts et 500 000 sinistrés.
Des experts du Centre météorologique régional spécialisé cyclones, basé à La Réunion, évoquent les impacts les plus graves enregistrés dans le secteur de Tamatave depuis le début de l'ère satellitaire, accentuant le besoin urgent d’une réponse rapide et coordonnée.







