Perpignan (AFP) – Louis Aliot, le maire du Rassemblement National (RN), est en position d'alliance favorable pour sa réélection, face à une gauche fragmentée et un concurrent de droite peu représentatif. Cependant, une décision judiciaire imminente pourrait le contraindre à quitter son poste dans quelques mois après les élections municipales prévues les 15 et 22 mars.
Agnès Langevine, candidate du PS-Place publique, ironise sur la situation : "S'il gagne, il sera en CDD de six mois". La cour d'appel de Paris est attendue demain pour statuer sur le procès relatif aux assistants parlementaires du FN, aujourd'hui RN. Si la décision des avocats généraux est suivie, Aliot sera déclaré inéligible dès l'été prochain. Bien qu'il ait l'intention de faire appel en cassation, une confirmation de son inéligibilité pourrait survenir en 2027, le contraignant alors à abandonner son poste.
La cour d'appel pourrait également opter pour une exécution provisoire, forçant Aliot à quitter ses fonctions immédiatement, ou bien ne pas le déclarer inéligible, ce qui lui permettrait de compléter son mandat actuel.
Agnès Langevine n'hésite pas à demander des clarifications sur le potentiel successeur d'Aliot : "Il faut qu'il nous dise qui serait le maire de Perpignan". De son côté, Aliot se montre optimiste : "Le conseil municipal prendra la meilleure décision. Mais je ne peux pas me projeter dans cette situation, cela reviendrait à admettre une défaite anticipée", a-t-il affirmé à l'AFP.
Alors qu'il intensifie ses efforts pour être réélu, il entend également se porter candidat à la présidence de la communauté de communes, un poste qu'il avait perdu en 2020 face à Robert Vila.
Un sondage Ifop réalisé entre fin novembre et début décembre révèle que Louis Aliot se positionne en tête, recueillant près de 44% des intentions de vote, soit une hausse de près de huit points par rapport au premier tour de 2020.
Remettre de l'ordre à Perpignan
Aliot défend son bilan, jugé "plutôt positif". "Nous avons été élus pour remettre de l'ordre tant dans les affaires de la ville que dans l'administration, et c'est ce que nous avons fait", déclare-t-il. Concernant la sécurité, un enjeu clé pour le RN, il assure avoir investi dans des ressources : "Nous avons 205 policiers armés et une police active 24h/24, mais les résultats ne sont peut-être pas à la hauteur de nos attentes", reconnaît-il.
Les statistiques de la ville montrent une hausse de 16% des violences physiques et 21% des atteintes aux biens en 2025, notant que cette augmentation est en partie due à l'introduction de la plainte en ligne, selon Jérôme Bourrier, procureur de Perpignan. Son adversaire Bruno Nougayrède (droite) assène que la situation s'est détériorée sous la mairie d'Aliot, et il est rejoint par Mathias Blanc du PS qui critique ses choix budgétaires.
Mickaël Idrac de LFI appelle à un retour à une vraie police de proximité, réaffectant certains agents à des missions sans armes, tout en fustigeant le recours excessif à la technologie.
Aliot, pour sa part, reste ferme sur l'idée d'augmenter le nombre de policiers municipaux et d'élargir la vidéoprotection, tout en désignant l'État comme responsable de la sécurité publique. Dans le domaine de la pauvreté, il se défend également : "Nous avons accru notre budget de plus de 1,5 million d'euros pour le CCAS et rouvert des maisons de quartier fermées sous l'ancienne municipalité".
Selon une étude de l'Insee, Perpignan affiche en 2020 le pourcentage le plus élevé d'habitants vivant dans des quartiers défavorisés en Occitanie, une situation qui complique davantage le bilan d'Aliot à la tête de cette ville.







