Lors de la Conférence de Munich sur la sécurité, Marco Rubio, le Secrétaire d'État américain, a captivé le public avec un discours mesuré. Contrairement à l’audace provocatrice de JD Vance l'année précédente, Rubio a suivi la lignée de Donald Trump tout en adoptant un ton beaucoup plus conciliant.
François Heisbourg, expert en relations internationales, souligne que l'allocution du secrétaire d'État n'a pas révélé de nouvelles orientations. « La simple absence de JD Vance a suffi à susciter une ovation », remarque-t-il. Rubio s'est efforcé de rappeler aux Européens leur place en tant qu'alliés des États-Unis, évitant ainsi les frictions qui avaient marqué le précédent discours de Vance.
Heisbourg, conseiller spécial à la Fondation pour la recherche stratégique, a observé que le discours de Rubio était loin d’être un écho de celui de son prédécesseur. « Il a réussi à apaiser les tensions sans pour autant s’écarter des positions de Trump », ajoute-t-il. Ce changement de ton démontre la réticence des Européens à envisager un futur sans le soutien américain, répondant à une inquiétude croissante au sein de l'UE sur la dépendance vis-à-vis des États-Unis.
Les gens sont conscients que nous sommes au bord d’une rupture profonde.
Mais la question demeure : les États-Unis restent-ils de véritables alliés ? Mette Frederiksen, Première ministre danoise, a opté pour une terminologie plus prudente lors d'un débat, évitant délibérément le terme « allié ». Cela fait écho aux craintes d’un partenariat déséquilibré, surtout si l'on considère l'intérêt américain pour des territoires comme le Groenland.
En somme, les tensions semblent persister. Les Européens s'efforcent d'unifier leur position sur la scène mondiale, tandis que les États-Unis, sous l'influence de Trump et de ses partisans, affichent une volonté inverse. « Un allié qui désire votre territoire n'est pas un allié », conclut Heisbourg, résumant bien la terrasse délicate sur laquelle se trouve actuellement la coopération transatlantique.







