La récente décision de Dany Paiva, le maire de Liévin, d'annuler la cérémonie du 1er mai dédiée aux victimes du tragique coup de grisou de 1974 fait couler beaucoup d'encre. Ce choix controversé met en lumière les paradoxes d'un parti comme le Rassemblement National (RN), qui prétend défendre les travailleurs tout en refusant de reconnaître leur histoire et leurs droits.
Présenté par Paiva comme un « meeting de syndicats d'extrême gauche », l'hommage à ces 42 mineurs décédés lors de l'accident a été jugé « inadapté » selon les mots du maire. La sénatrice communiste Cathy Apourceau-Poly a réagi vivement : « C’est une honte absolue pour les mineurs, les ouvriers de nos usines et tant d’autres », soulignant ainsi l'indignation qu'a suscité cette décision au sein de la population.
D'après des sources telles que France Inter, Paiva avait initialement prévu d'annuler également le dépôt de gerbes prévu le 27 décembre, mais cela se tiendra finalement « en petit comité », sans la présence des syndicats. Cela constitue un affront considérable, car cette catastrophe minière, qui entache le paysage de l'industrie locale, est intimement liée aux luttes actuelles des travailleurs pour de meilleures conditions de travail.
Ce maire, dont le parcours le lie à Steeve Briois, a déjà démoli les traditions ouvrières à Hénin-Beaumont. En 2016, Briois avait arrêté la cérémonie du 1er mai, incitant les syndicats à se rassembler symboliquement pour faire entendre leurs voix et demandes, une tradition qui perdure jusqu'à ce jour.
Les revendications des agents territoriaux demeurent fondamentales, surtout face à un maire dont le gouvernement a été décrit comme intimidateur. Le cas de Djelloul Khéris, délégué syndical du SUD, illustre les pressions exercées sur les syndicats, après qu'une tentative de révocation contre lui a été jugée sans fondement par un conseil de discipline, selon des déclarations de sa fédération.
« fête nationale de jeanne d’arc et du patriotisme »
Ce vendredi, les citoyens de Liévin seront encouragés à se joindre aux rassemblements à Hénin-Beaumont et à Avion, tandis que l'accueil à Grenay, une autre commune RN, semble douteux. La section locale du PCF a signalé un silence complet de la mairie concernant le défilé du 1er mai.
Ce mépris affiché par les élus RN envers le 1er mai n'est pas une coïncidence. L'extrême droite, au lieu de soutenir les luttes ouvrières, cherche à promouvoir une « Fête nationale de Jeanne d’Arc », défiant la tradition d'un jour dédié aux droits des travailleurs. Des rassemblements à Mâcon et ailleurs rappellent que « le RN n’a jamais été et ne sera jamais du côté des travailleurs », affirmant ainsi le besoin de vigilance face à ces manœuvres politiques.







