« Oui, c’est un problème. » Mercredi dernier, lors d'une interview sur RTL, Daniel Baal, président de la Fédération bancaire française (FBF), a souligné le défi majeur auquel fait face le Rassemblement national (RN) concernant l'obtention de financements pour sa campagne présidentielle de 2027. Actuellement, aucune institution bancaire française n'ose prêter au parti de Marine Le Pen pour cette élection, rendant la situation encore plus complexe.
Baal, qui dirige également le Crédit Mutuel, a mis en avant les risques inhérents à ce type de prêts. Il a rappelé que l'État impose des critères stricts pour le remboursement des dépenses engagées par un parti, notamment un score électoral minimum de 5 % et l'approbation des comptes de campagne. Ces conditions rendent le financement d'un parti politique particulièrement délicat.
Une responsabilité des pouvoirs publics
Lors de son intervention, Baal a insisté sur la nécessité pour les pouvoirs publics d'assurer le bon fonctionnement de la démocratie et son financement. « C’est une question qui ne relève pas uniquement des banques, mais bien des obligations de l'État », a-t-il affirmé.
Interrogé sur la possibilité que d'autres partis obtiennent des prêts malgré la réticence envers le RN, il a admis son ignorance sur la situation actuelle : « Je ne peux pas dire aux banques françaises de financer les candidats. » Il a également souligné le « vrai risque » que cela représenterait, ce qui ajoute à la complexité de la situation pour le RN.
Que faire alors ?
Ces déclarations ont suscité des inquiétudes au sein du RN. L'ancienne dirigeante Marine Le Pen a exprimé son étonnement sur le réseau social X : « À part les dons, qui sont déjà limités, les banques européennes restent les seules à pouvoir financer des campagnes. Que doit-on faire alors ? »
À l'approche de l'élection, le RN se recherche activement une banque capable de lui avancer 10,7 millions d'euros, montant correspondant à ce que l'État remboursera aux candidats ayant réussi à se qualifier pour le second tour. Cette quête s'avère cruciale, surtout pour un parti qui peine à autofinancer ses campagnes, accablé par une dette majoritairement constituée de prêts de particuliers. Une situation d'autant plus compromettante alors que le scrutin se rapproche.







