À Saint-Pierre-de-Lages, charmant village d’environ 900 âmes situé près de Lanta, l’élection municipale a pris une tournure inattendue. Florence Siorat a remporté le scrutin avec 241 voix contre 215, mais le maire sortant, Fabrice Crépy, a décidé de contester ces résultats ce 5 mai devant le tribunal administratif de Toulouse.
Un écart de seulement 26 voix a laissé des séquelles. Fabrice Crépy, en barque pour défendre sa position, a dénoncé ce qu’il qualifie d'utilisation abusive des listes d’émargement par sa rivale. "On m’a dit d’attendre quelques jours, et là, elle a pris des photos," a-t-il déclaré, évoquant la consultation des documents en préfecture. Selon lui, cette démarche a franchi les limites du droit d’accès : "Elle est allée au-delà de ses droits."
Fabrice Crépy soutient que ces informations auraient pu lui permettre de cibler des électeurs entre les deux tours. "Elle a pu contacter des gens pour les inciter à voter," a-t-il affirmé, reconnaissant au passage un climat tendu où "elle m’a menacé en disant que je verrais ce qui se passerait demain."
Un "double" des listes contesté par la défense
L’avocat de Florence Siorat a vigoureusement réfuté ces accusations, rappelant que la consultation des listes d’émargement est strictement encadrée et que leur utilisation pour un démarchage ciblé serait illégale. "Ce double est utilisé pour avoir les noms de ceux qui n’ont pas voté, or cela est formellement interdit," a-t-il soutenu en citant l’article L.49 du code électoral.
La défense s’oppose également à la portée de la plainte. "Ces faits concernent le premier tour, alors que l’élection s’est décidée au second. C’est un moyen manifestement inopérant," a plaidé l’avocat. De plus, il a souligné qu’un contexte politique local complexe, notamment la présence d’une troisième liste, pourrait expliquer les variations de voix.
La rapporteuse publique a rappelé le cadre légal en vigueur : la consultation des listes d’émargement entre les deux tours est autorisée. En l’absence de preuves d’un usage détourné – notamment pour contacter des abstentionnistes – "la simple consultation ne saurait être considérée comme une manœuvre," a-t-elle déclaré, recommandant ainsi le rejet du recours. Les juges administratifs délivreront leur décision dans environ quinze jours.







