Un conseil municipal à Saint-Denis illustre la gouvernance singulière de Bally Bagayoko. Au sein de ce conseil, entre échanges politiques enflammés et prises de décision fortes, la nouvelle majorité LFI se distingue par sa façon de faire.
Alors que la chaleur estivale rend l’ambiance suffocante, Bally Bagayoko, nouvellement élu, ouvre la séance au cœur de discussions passionnées. Dans une salle sans climatisation, il se présente, touchant son torse pour attirer l’attention, marquant ainsi son autorité. Avec des ventilateurs peinant à rafraîchir l’atmosphère, les débats prennent rapidement une tournure intense.
La Dépêche s’est penchée sur la manière dont le maire de Saint-Denis orchestre les échanges au sein de son conseil. Les controverses autour de sa personne ne manquent pas. En effet, face aux attaques racistes suite à son élection, il a répondu à la provocation en retirant le portrait d’Emmanuel Macron de la mairie. Également critiqué pour ses propos sur l’hymne national, il a suscité des réactions indignées, notamment celle de Benjamin Haddad, ministre chargé de l’Europe, le qualifiant de « indigne » en tant qu’élu. Jean-Luc Mélenchon, pour sa part, a défendu Bagayoko en arguant que ces critiques relèvent d’un racisme systémique envers une "nouvelle France".
À l’occasion de son centième jour à la tête de la municipalité, Bally Bagayoko a évoqué les initiatives mises en place pour répondre à la canicule, ciblant les personnes vulnérables. L’ancien maire socialiste, Mathieu Hanotin, n’a pas manqué de critiquer le manque de baignades autorisées dans le canal, comme à Paris. L’intervention du maire actuel a alors été ferme : « Nous entrons dans l’ordre du jour maintenant ! »
Le public, entre curieux et partisans du maire, a été rapidement mobilisé lorsque les élus de l’opposition ont pris la parole. Hanotin a exprimé son mécontentement face à la gestion d’un meeting de Jean-Luc Mélenchon, lançant des questions sur les finances locales. Bagayoko a rétorqué avec défi : « Vous avez été choqué ? 26 000 personnes, ça choque ! Faites-en autant. »
Les projets discutés ont tous été acceptés à l’unanimité, englobant des initiatives telles qu’un vélo attribué à chaque élève de troisième et la gratuité du métro pour les jeunes. Un titre honorifique a été octroyé à Mumia Abu Jamal, figure controversée, ce qui témoigne encore de la volonté de marcar un engagement symbolique fort.
D’autres tensions sont survenues lorsque l’élu écologiste Kader Chibane a interpellé le maire sur ses relations avec Valérie Pécresse, la présidente de la région. La réponse acérée de Bagayoko a généré des murmures dans l’assemblée : « Je n’ai pas d'invitation à recevoir de qui que ce soit ! » Néanmoins, il a précisé avoir échangé avec un représentant de la droite sur des questions de transport.
Ce conseil, marqué par des moments d'échanges orageux, rappelle les affrontements au sein de l’Assemblée nationale, dessinant un tableau d’une gouvernance complexe où Bagayoko s’affirme avec une fermeté palpable.







