À six jours d'une décision judiciaire cruciale qui déterminera sa capacité à se présenter aux élections présidentielles, Marine Le Pen a déclaré mercredi qu'elle n'a "pas peur" de ce que la cour d'appel décidera. Malgré son éligibilité potentielle, elle estime qu'il serait "impossible" de mener une campagne avec un bracelet électronique.
Le moment redouté approche. Cependant, elle a affirmé : "Peu importe le résultat, je continuerai à défendre mes idées." Sur LCI, la présidente du Rassemblement national a fait preuve de détermination face aux enjeux : une quatrième candidature à la présidence, qu'elle considère comme un "devoir envers mon pays", dont la privation serait une "souffrance" indiscutable.
Marine Le Pen, condamnée en première instance à cinq ans d'inéligibilité pour détournement de fonds liés aux assistants parlementaires européens du Front national, s'expose à la même sanction en appel. Si celle-ci est confirmée le 7 juillet, elle ne pourra pas participer à l'élection, laissant son dauphin, Jordan Bardella, représenter le parti.
Pour espérer une participation, il faudrait que la peine d'inéligibilité soit réduite à deux ans ou moins, bien que la "candidate naturelle" de l'extrême droite française fasse également face à une peine potentielle de quatre ans de prison. Cette incertitude la rend sceptique quant à sa capacité à mener une campagne effective : "Si l'on me permet d'être candidate mais qu'en réalité, je suis empêchée de mener une campagne librement, cela ne sera pas possible, en effet."
Forte de son expérience, elle insiste sur la nécessité pour un candidat à la présidentielle d'être "libre de ses mouvements" et ne pas dépendre de décisions judiciaires pour participer à des événements de campagne.
"J'ai la peau dure", déclare-t-elle, se tournant vers les juges avec une certaine assurance. "Je mesure le poids de leur décision sur leurs épaules", ajoute-t-elle, évoquant la responsabilité qui leur incombe. Malgré l'enjeu, elle se dit "calme et sereine" : "La peur n'est pas un sentiment qui m'est familier. Quand on mène un combat comme je l'ai fait, la peur n'a pas sa place."
Jordan Bardella est déjà prêt à assurer la relève avec "la force et le souffle de sa jeunesse", bien que des allégations d'emplois fictifs et de financements douteux à Bruxelles viennent assombrir son image à quelques mois de la présidentielle. "Je ne crois plus au hasard concernant ces procédures", a-t-elle également ajouté, désignant une coïncidence troublante entre les affaires judiciaires et le calendrier électoral.
Marine Le Pen doit également défendre son successeur face à des critiques concernant sa relation avec la noblesse italienne, en affirmant qu'elle lui laisse "absolument, totalement" la liberté nécessaire. Elle se souvient des tensions avec son père, Jean-Marie Le Pen, et se promet de ne pas reproduire cette dynamique : "Je ne ferai pas la même chose à Jordan."







