Ce mardi 26 mai 2026, un bus aux couleurs vives dans le quartier des Mesnils-Pasteur à Dole attire l'attention. Inscrit sur sa carrosserie : "Bus Santé des Femmes". Depuis quatre mois, ce véhicule itinérant parcourt une quinzaine de communes dans le Jura, allant de Chaussin à Champagnole, pour offrir des soins gynécologiques aux femmes qui, souvent, ont renoncé à consulter par manque d'accès.
Au volant, une sage-femme et son assistante effectuent dépistages IST, frottis, prises de sang et échographies, tout en délivrant conseils sur la contraception et la ménopause. À ce jour, 176 femmes ont été accueillies dans ce cabinet mobile, une initiative gérée par la Mutualité française du Jura dans le but d'améliorer l'accès aux soins gynécologiques.
"Cela fait au moins six ans que je n'ai pas consulté de gynécologue."
"Cela fait au moins six ans que je n'ai pas consulté de gynécologue", confie Sylvie, 59 ans, résidente de Dole. La pénurie de gynécologues dans sa région l'a poussée à chercher des alternatives. "La dernière fois, je suis allée à l'hôpital, mais j’ai été renvoyée à cause d’un accouchement. C'est compliqué ici." Aujourd'hui, elle a profité de la présence du bus pour un dépistage, consciente des risques, notamment celui du cancer du col de l'utérus.
D'autres femmes comme Catherine, résidente des Mesnils-Pasteur, n'ont pas eu cette chance. "Avec l'absence de gynécologues, je ne sais pas comment font les autres femmes. Peut-être qu'elles vont à Besançon ou Dijon", s’interroge-t-elle. Malheureusement, son généraliste partant à la retraite ne fait qu'aggraver la situation.
Près d’une femme sur deux admet avoir déjà reporté ou renoncé à une consultation gynécologique, selon une étude YouGov pour Livi. Les conséquences peuvent être graves, comme l’illustre l’exemple d’une patiente consultant uniquement pour un frottis et découvrant des anomalies suggestives d'une maladie grave. Pauline Charpentier, la sage-femme du bus, souligne que 70% de ses patientes n'ont pas vu de gynécologue depuis quatre à cinq ans.
Ce dispositif n’est pas qu’un simple service. C’est une bouée de sauvetage pour des centaines de femmes qui, faute d'accès, risquent de passer à côté de soins essentiels. Un nouveau centre de santé est prévu dans le quartier d'ici juillet 2026, offrant l'espoir d'un meilleur avenir pour la santé des femmes dans cette région isolée.







