Un nouveau chapitre s'écrit dans le domaine de la santé en France avec la relocalisation de la production de la colchicine, un médicament crucial dans le traitement de la goutte. Le laboratoire français Mayoly a récemment inauguré une chaîne de production à Auxerre, marquant un tournant pour la souveraineté sanitaire du pays.
« La souveraineté sanitaire se construit par des actions concrètes », a souligné le ministre délégué à l’Industrie, Sébastien Martin. Cette initiative vise à garantir un accès pérenne à un médicament jugé « irremplaçable » tout en réduisant la dépendance aux chaînes d'approvisionnement internationales.
Capacité de production impressionnante
La relocalisation offre une capacité de production de trois millions de boîtes par an, destinées à satisfaire la demande sur le marché français. Avec 600 000 patients traités par la colchicine dans l'Hexagone, cet effort est devenu impérieux après que la production en Europe de l'Est ait été compromise.
« Nous avons choisi la relocalisation, ancrée dans notre ADN », a déclaré Alexandre Nique, directeur général pour la France de Mayoly. L'entreprise, qui emploie 2200 personnes et exploite plusieurs sites industriels, a considérablement investi dans ce projet, injectant 2,5 millions d’euros pour le développement de la nouvelle chaîne de production. Pour accompagner cette relocalisation, le sous-traitant Galien a également contribué avec un investissement de 500 000 euros.
Les défis de la production locale
Malgré les avantages, produire la colchicine en France reste un défi. Selon M. Nique, cela revient à « peu près deux fois plus cher ». Ce coût additionnel remet en question la rentabilité de la fabrication dans l'Hexagone, surtout face à une législation qui pourrait affecter le prix de vente des médicaments remboursables. Des discussions auront donc lieu avec les autorités compétentes pour aborder ces enjeux économiques.
La nécessité de reconquérir une production locale s’est accentuée dans un contexte où les pénuries de médicaments essentiels sont de plus en plus fréquentes. La U.S. Food and Drug Administration (FDA) et l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) en France ont tous deux souligné l’importance de restaurer des chaînes de production résilientes.
Le directeur de Mayoly affirme que la relocalisation ne se contente pas d’assurer l'accès à la colchicine, mais qu’elle contribue également à la balance commerciale française à hauteur de 400 millions d’euros. Les premières ventes de ce médicament relocalisé ne devraient, toutefois, pas débuter avant la mi-2027.







