La plateforme Parcoursup, lancée en 2018, offre aux élèves l'opportunité de postuler à plus de 25 000 formations supérieures. Avec plus de 900 000 candidatures cette année, la compétition est féroce. Selon des données gouvernementales de 2025, 72 % des élèves ont reçu au moins une proposition d'admission, pourtant, seulement 34 % estiment la procédure juste.
En théorie, les commissions s'appuient sur les notes pour évaluer chaque candidature. Toutefois, alors que le nom et l'adresse des candidats sont anonymisés pour limiter les discriminations, le nom du lycée demeure visible. Cette différence peut influencer le jugement des examinateurs et créer des disparités selon la réputation des établissements.
Xavier*, un élève ayant obtenu une moyenne de 14,5 dans un lycée parisien bien classé, n'a reçu une réponse positive que pour une seule de ses séances. "Je suis convaincu que la réputation de mon lycée a joué dans mes résultats", a-t-il déclaré, visiblement désappointé.
À l'opposé, Rayan*, issu d'un des quinze meilleurs lycées de Paris, a obtenu une place dans la filière la plus sélective de la capitale, celle de la fac de droit d'Assas, avec la même moyenne. "Je pense que la réputation de mon lycée m’a aidé sur Parcoursup", a-t-il affirmé.
Cette dynamique pose la question de la réelle impartialité des admissions. Les noms, classements et réputations des lycées influencent-ils inévitablement le processus ?
Parcoursup, « on n’y comprend rien »
Jérôme Teillard, du ministère de l’Éducation nationale, admet que la plateforme manque parfois de clarté. Les enseignants d'établissements réputés, conscients des attentes des universités, ont parfois tendance à surévaluer les notes de leurs étudiants. Cela peut désavantager ceux provenant de lycées moins prestigieux, nuisant à l’équité dans le processus d’admission.
Annabelle Allouch, sociologue spécialisée dans les inégalités scolaires à l'université de Picardie-Jules Verne, soutient que, même si le poids du lycée n'est pas toujours mesurable, cela ne signifie pas qu’il n'existe pas. Concernant l'anonymisation, elle soulève cette question : "Est-ce réellement une solution ? Cela pourrait, dans certains cas, avantager certains élèves".
L’anonymisation du lycée en débat
Les débats autour de l'anonymisation des dossiers et des choix des lycées continuent d'agiter les sphères politique et éducative. Le Conseil constitutionnel a d'ailleurs pointé du doigt le manque de transparence de la plateforme. Entre temps, le système Parcoursup a été ajusté, mais la question de la perception des lycées et de l'impact sur les admissions reste une épine dans le pied des responsables de l'éducation.
En 2025, plus de 20 000 jeunes n'ont reçu aucune proposition d'admission, une situation préoccupante au regard des récentes coupes budgétaires dans l'enseignement supérieur. Ces défis dessinent un avenir incertain pour des milliers de lycéens.
(*) Le prénom a été changé.







