À l'âge de 14 ans, un adolescent a tué une surveillante dans son collège en Haute-Marne, pour un motif qui semble dérisoire. Plus d'un an plus tard, le procès de ce jeune homme s'est ouvert mercredi à Chaumont, à huis clos.
La famille et les amis de Mélanie, la victime âgée de 31 ans, arborent des tee-shirts à son effigie, montrant une photo lumineuse de la jeune femme. "Une vie volée, une famille brisée. Notre justice est notre combat," témoigne une banderole brandie par les proches.
"La gravité des faits doit guider la justice et non seulement l'âge du prévenu," clame une autre pancarte, tandis qu'une autre exige le rétablissement de la peine de mort. Elodie, une cousine de la victime, a exprimé son souhait que l'accusé demeure enfermé, craignant qu'il ne bénéficie d'une peine légère.
"Lui, il reprendra le cours de sa vie, mais la famille de Mélanie ne la reverra jamais. Ils ont pris perpétuité," déplore-t-elle.
- "Un rayon de soleil" -
Mélanie était décrite comme "un rayon de soleil" par ses proches. "Elle était toujours souriante et prête à aider tout le monde," se remémore Elodie. Virginie, une amie de la victime, ajoute : "Il est temps que justice soit faite, même s'il est mineur."
Ce meurtre a profondément choqué la France, marquant une augmentation d'agressions dans les établissements scolaires. Le matin du 10 juin 2025 à Nogent, tranquilles bourgade de 3 500 habitants, Mélanie est frappée sept fois avec un couteau de cuisine à l'entrée du collège Françoise-Dolto, décédant sur le coup.
Les événements se sont déroulés sous les yeux de nombreux témoins, lors d'un contrôle de sécurité destiné à détecter d'éventuelles armes blanches. Quentin G., l'élève de troisième, est maîtrisé par un gendarme, blessant légèrement ce dernier.
Selon ses déclarations en garde à vue, il a affirmé ne pas avoir de rancœur particulière envers Mélanie, mais souhaitait s'en prendre à une surveillante, "n'importe laquelle". Le procureur de Chaumont, Denis Devallois, a rapporté qu'il ne supportait pas le comportement des surveillants, qui, à son avis, auraient des attitudes variées selon les élèves.
- "Aucune compassion" -
Issu d'une famille normalement intégrée dans la société, l'adolescent aurait planifié son acte quelques jours avant, après qu'une surveillante lui ait fait une remontrance. Selon M. Devallois, il ne montrait "aucun signe de trouble mental" en garde à vue, ne se manifestant ni regret ni compassion pour sa victime, tout en exprimant une inquiétante fascination pour la violence.
L'avocat de l'accusé, Me Antoine Chateau, a souligné l'importance d'expertises psychologiques, souhaitant prendre ses distances avec certaines déclarations du procureur. L'audience se déroulera jusqu'à vendredi devant le tribunal pour enfants de Chaumont, permettant à Quentin G. , étant mineur, d'échapper à la cour d'assises.
En raison de son âge, il encourt une peine de 20 ans de réclusion criminelle, contrairement à une peine de prison à perpétuité. Il est déjà en détention provisoire. Mélanie, au parcours rempli de passion, était également conseillère municipale à Sarcey et mère d'un jeune garçon de cinq ans, récemment reconnu comme pupille de la Nation.







