Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a annoncé, le 21 avril dernier, un dispositif d'aide destiné aux ‘grands rouleurs’, excluant toutefois les infirmiers libéraux. Cette situation suscite l'indignation de la fédération nationale de la profession et des 430 professionnels concernés dans l'Yonne.
Ces infirmiers parcourent chaque jour de nombreux kilomètres, parfois jusqu’à 300, pour prodiguer des soins. La flambée des prix à la pompe alourdit leurs charges, les laissant dans une précarité grandissante. Selon Véronique Fagot, infirmière libérale en Côte-d'Or et représentante de la fédération nationale en Bourgogne, cette situation est d’autant plus alarmante pour ses confrères exerçant dans les zones rurales. "On a des infirmiers qui parcourent 250 à 300 kilomètres par jour", affirme-t-elle. Avec le coût du carburant qui atteint des sommets, ces professionnels commencent à se demander comment maintenir leur activité sans être compensés.
"Lors d'une récente réunion, mes collègues évoquaient des tarifs de 2,45 euros le litre. À ces prix, imaginez le coût d’un plein pour des trajets quotidiens!" s’inquiète-t-elle. La question qui se pose est : comment continuer à travailler sans que cela devienne une perte financière?
Des patients laissés de côté
Véronique Fagot craint également que l’absence d’une aide gouvernementale ne mène à un abandon de soins pour certains patients. Si elle se veut rassurante sur la continuité des soins pour ceux déjà pris en charge – "Nous avons l’obligation de continuer les soins", insiste-t-elle – la situation des nouveaux patients est plus préoccupante. "Le risque, c'est que les infirmiers refusent de prendre en charge des patients qui se trouvent trop loin de leur cabinet", prévient-elle. Cela signifie que certaines personnes, déjà en difficulté, pourraient se retrouver sans soins.
Elle affirme que la population a besoin de ces professionnels de santé pour accéder aux soins. "Ce serait dommage que des patients ne reçoivent pas les soins nécessaires simplement parce que les infirmiers ne peuvent pas se déplacer au-delà d'une certaine distance", ajoute-t-elle. Une réunion nationale a été organisée le 23 avril pour discuter des prochaines étapes et des mesures à prendre face à cet enjeu crucial.







