Ce mardi, le gouvernement allemand a exprimé son soutien à une commission qui propose d'augmenter progressivement l'âge légal de départ à la retraite au-delà de 67 ans. Ce relèvement serait indexé sur l'espérance de vie, une approche fortement influencée par l'évolution démographique du pays, décrit avec précision dans un rapport très attendu.
Actuellement, l'âge de départ à la retraite est fixé à 66 ans et doit passer à 67 ans en 2031. La commission prévoit d'ajuster cet âge d'environ six mois par an jusqu'en 2041, augmentant ainsi la durée du travail. Par ailleurs, les secteurs d'analyse tels que l'économie et le droit sont impliqués dans la réévaluation de ce système de retraite, comme l'indiquent plusieurs experts économiques.
Le rapport ne suggère pas un relèvement massif jusqu'à 70 ans, mais appelle plutôt à un ajustement selon l'espérance de vie. Dans un tel scénario, une hausse d'un an de la durée de vie pourrait obliger les salariés à travailler jusqu'à huit mois de plus.
Selon les dernières évaluations démographiques, cet ajustement pourrait devenir une routine entre 2031 et 2041, avec des ajustements possibles au-delà. La commission appelle également à la suppression des retraites anticipées sans décote, actuellement accessibles après 45 années de cotisation.
Un équilibre est recherché dans ce système réformé, qui ne reposera plus uniquement sur les cotisations. En effet, les personnes ne pouvant plus travailler pour des raisons médicales pourraient bénéficier d'un accès simplifié à une pension, laissant entrevoir une prise en compte des situations individuelles.
Introduire une dose de capitalisation
Pour garantir la viabilité du système, la commission préconise une introduction de l'épargne par capitalisation, suggérant un taux de cotisation additionnel de 2 % du revenu, partagé entre employeurs et salariés. Ce point est délicat : dans un système par répartition, les cotisations actuelles financent immédiatement les pensions des retraités. Si une partie est allouée à des comptes individuels placés sur les marchés financiers, cela réduira les fonds disponibles pour les pensions présentes.
Pour éviter des augmentations de cotisations trop brusques, l'État devrait intervenir en prenant en charge une partie des coûts de transition, probablement via des dispositifs fiscaux. Le chancelier, Friedrich Merz, a indiqué que ces réformes visent à garantir une protection des retraites tout en assurant une répartition équitable des charges entre générations.
Les jeunes devraient ainsi bénéficier de retraites plus généreuses que celles des retraités d'aujourd'hui, selon les propos de Bärbel Bas, ministre du Travail, relayés par le quotidien Handelsblatt. Malgré des désaccords au sein des membres de la commission, une majorité large a émergé autour de ces propositions.
Cependant, la réaction des partis d'opposition et des syndicats reste critique. Yasmin Fahimi, présidente de la Confédération allemande des syndicats (DGB), exprime des inquiétudes, stipulant que l'augmentation de l'âge légal pourrait accroître le nombre de personnes ne pouvant pas atteindre la retraite. Confrontée à un vieillissement démographique accentué, l'Allemagne, pays le plus vieux de l'UE, a enregistré une contraction de sa population sans précédent depuis la Seconde Guerre mondiale.







