Les arboriculteurs de Fougerolles, en Haute-Saône, s'engagent dans une véritable course contre la montre afin de sauver leur récolte de cerises, mise en péril par une chaleur accablante qui risque de compromettre la production d'un kirsch emblématique dans la région.
"Depuis lundi, nous devons agir rapidement pour récolter le maximum de cerises avant qu'il ne soit trop tard," a déclaré Bernard Baud, président du Syndicat de Défense et Promotion du kirsch de Fougerolles, une appellation reconnue depuis 2010. "La situation devient critique," ajoute-t-il.A peine sorties de la première vague de chaleur fin mai, les cerises, qui devaient initialement offrir une récolte prometteuse de 350 à 400 tonnes, souffrent désormais sous des températures élevées. "Nous risquons de terminer avec moins de 150 tonnes," dit-il, inquiet.
Un vent chaud : les feuilles desséchées
La déshydratation est telle que "en quelques jours, les cerises montrent des signes de fatigue avec une peau ratatinée et des teintes brunes," observe Bernard. Ce phénomène a des répercussions tant sur la qualité que sur la quantité de cerises disponibles. La récolte, habituellement étalée sur trois semaines, devra être achevée en une semaine et demie, souligne-t-il.
Les cerises cultivées sur ce terroir particulier entre la Haute-Saône et les Vosges sont cruciales pour la fabrication de l'eau-de-vie en raison de leur spécificité. Le vent chaud intensifie la situation, asséchant davantage les feuilles et aggravant le stress hydrique des arbres. Selon les experts, cela pourrait avoir des répercussions durables sur la culture locale.
Le secteur agricole appelle à une mobilisation urgente pour préserver ces récoltes face aux aléas climatiques de plus en plus fréquents. "Si nous n'agissons pas rapidement, nous risquons de perdre non seulement cette récolte, mais aussi une partie de notre patrimoine culturel," conclut Bernard Baud. Un appel à l'aide qui résonne face à une canicule qui ne laisse guère de répit aux producteurs.







