Le train, un succès fulgurant en France, contraste avec la stagnation des voisins européens

La fréquentation ferroviaire atteint des sommets en France, à l'inverse des pays voisins.
Le train, un succès fulgurant en France, contraste avec la stagnation des voisins européens
Ce succès amplifie le report modal et participe à la réduction des émissions de CO2, selon les rapports du régulateur.

Depuis la levée des restrictions liées au Covid, l’intérêt pour le train en France ne cesse de croître. D'après les derniers rapports pour 2025 de l'Autorité de régulation des transports (ART), la fréquentation ferroviaire atteint un niveau sans précédent pour la quatrième année consécutive.

En effet, "avec 118 milliards de passagers.km transportés, la fréquentation a augmenté de 4% par rapport à 2024", indique l'ART. Les trains à grande vitesse, qu'ils soient de la SNCF ou de ses concurrents, affichent une progression de 4%, avec des taux de remplissage atteignant en moyenne 80%. Les Intercités et les TER suivent avec une hausse de 2%.

Cette tendance souligne une dynamique favorable pour le train, surtout au moment où le transport routier montre des signes d'essoufflement. La part modale du rail grimpe ainsi à 10,9%, alors qu'elle était de 10,5% l'année précédente. Cette bascule vers le train a des répercussions environnementales positives, avec une diminution des émissions de gaz à effet de serre de 1,2% observée en 2024, consolidant une tendance de -7,4% depuis 2019.

Quel est le secret de ce succès ? Il s’explique d’une part par une volonté croissante de voyager de manière plus écologique, et d’autre part par l’arrivée de nouvelles compagnies concurrentes sur le marché. L'ART note que bien que Trenitalia et Renfe représentent moins de 2% des parts de marché sur la grande vitesse, les liaisons où ces compagnies sont présentes ont enregistré des augmentations d'offre de trains dépassant 20% sur les trajets Paris-Lyon et Paris-Marseille, et près de 100% sur les liaisons France-Italie. Cela se traduit par une fréquentation en hausse de plus de 25%, soit deux fois plus rapide que la moyenne nationale.

Ouigo: des tarifs en hausse de 30% depuis 2019

Malgré la bonne dynamique des passagers, les prix restent relativement stables. Selon les données de l'ART, le tarif moyen des trains à grande vitesse est resté inchangé sur un an, s'élevant à 11,4 euros par passager aux 100 km. En revanche, les tarifs internationaux ont diminué de 4%, tandis que ceux des Ouigo ont connu une hausse de 5% pour atteindre 6,6 euros.

Avec un tarif moyen de 6,6 euros par passager aux 100 km, le coût des services Ouigo demeure inférieur de 42% à celui des autres services à grande vitesse mais a grimpé de 30% depuis 2019. Ce bond est bien plus important que l'inflation générale des prix de consommation (+16%) ou celle des autres services à grande vitesse domestique (+9%), note le régulateur.

SNCF Voyageurs défend cette augmentation par l'élargissement du réseau Ouigo, incluant des trajets sur de plus longues distances, ce qui entraîne des coûts d'exploitation accrus, en particulier avec des départs et des arrivées dans des gares centrales.

En revanche, la France se démarque de nombreux pays européens où le transport ferroviaire semble stagner. Toujours selon l'ART, la fréquentation ferroviaire diminue légèrement en Espagne (-1%) et en Italie (-3%) à cause de l'arrêt de politiques de gratuité, tandis que la croissance reste faible en Allemagne (+2%) et se redresse au Royaume-Uni.

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