Le syndicat des régies publicitaires des télévisions françaises, l'ADMTV, a décidé de porter plainte auprès de la Commission européenne contre une réglementation de 1992 qui entrave la diffusion de publicités pour les promotions de la grande distribution. Cette initiative vise à contester une loi jugée obsolète et qui, selon les diffuseurs, les prive d'une "ressource vitale".
La situation a été exacerbée par l'épisode de "L’affaire Lidl" survenu en avril dernier, qui a mis en lumière les tensions autour de cette législation. Lidl, un acteur majeur de la distribution en France, a décidé de réduire sa présence publicitaire télévisée suite à une condamnation liée à cette règle, incapable de communiquer sur des promotions temporaires, sauf si les produits et leurs prix restent fixés pendant quinze semaines. Les responsables de l’ADMTV dénoncent ce cadre comme une "anomalie française" sans justification économique ou juridique.
Le président de l’ADMTV, François Pellissier, a exprimé dans un communiqué que cette loi ne devrait plus exister, arguant que sa suppression permettrait aux chaînes de télévision de récupérer des revenus publicitaires qu’elles perdent au profit des géants du numérique tels que Google et Meta. Ce point de vue est largement partagé au sein de l'industrie, avec le soutien de la SACD et d'autres organisations, qui soulignent que "l’environnement médiatique a été radicalement transformé par l’essor du numérique".
Les chiffres parlent d'eux-mêmes : en 2025, la publicité digitale en France a atteint 12,4 milliards d'euros, alors que les recettes publicitaires nettes pour la télévision ont chuté de 8,1 % à 3,24 milliards d’euros. Les acteurs numériques ne participent que marginalement au financement de la création française, tandis que les chaînes de télévision souffrent à cause de cette réglementation restrictive.
Les plaintes avancent que permettre la publicité pour les promotions de la grande distribution pourrait dégager entre 150 et 200 millions d'euros par an pour la filière audiovisuelle. Ce revenu supplémentaire aiderait à financer la création de contenus variés, tels que des films et des séries, tout en préservant des milliers d'emplois dans le secteur.
En parallèle, l'ADMTV sollicite aussi le gouvernement pour une modification rapide de la réglementation, espérant ne pas devoir attendre l'issue de la plainte européenne. Le dialogue est désormais ouvert avec le ministère de la Culture et Bercy, laissant entendre que la balle est dans leur camp.







