À partir de lundi après-midi, les États-Unis s'apprêtent à instaurer un blocus sur les ports iraniens, une décision intervenue après l'échec des discussions avec Téhéran. L'Iran, dénonçant une action qualifiée de "piraterie", a riposté par des menaces visant les infrastructures portuaires de la région.
C'est à 14H00 GMT que cette mesure doit entrer en vigueur, touchant les navires "entrant ou sortant des ports et zones côtières iraniens". Cette annonce a immédiatement entraîné une flambée des prix du pétrole, inquiétant au plus haut point Beijing, grand importateur de brut iranien.
L'Iran a condamné ce blocus comme étant "illégal" et risque d'imposer des représailles contre ses voisins du Golfe, dont la sécurité maritime pourrait être compromise. Le commandement militaire iranien a averti que si "la sécurité des ports de la République islamique est menacée, aucun port dans le Golfe persique ne sera en sécurité".
Avec une tension palpable, le cours du baril de pétrole a ouvert la semaine au-delà de 100 dollars. D'après le Soufan Center à New York, "il est envisageable que cette manœuvre de Trump vise à frapper les revenus pétroliers de l'Iran et à inciter la Chine, son principal partenaire commercial, à faire pression sur Téhéran pour rouvrir le détroit d'Ormuz".
Jusqu'à présent, l'Iran a imposé un contrôle de facto sur ce passage stratégique depuis le début des hostilités, limitant ainsi la navigation maritime dans cette zone cruciale pour le commerce mondial.
La Chine a exprimé son deseo de rétablir une navigation fluide dans le détroit d'Ormuz, tout comme la Turquie, qui a demandé une réouverture rapide de cette voie maritime.
- Réactions internationales -
Soutenu par Israël, le blocus américain fait face à une opposition croissante parmi les alliés. Londres a ouvertement exprimé son désaccord, tandis que Madrid a déclaré qu'il n’avait "aucun sens". De son côté, le président français Emmanuel Macron a proposé d'organiser une conférence avec le Royaume-Uni et d'autres nations pour favoriser une initiative pacifique de navigation dans le détroit, indépendante des actions américaines.
Les pourparlers de paix menés au Pakistan n’ont pas abouti, alliant l’inquiétude autour de la situation dans la région, déjà marquée par plus de 6 000 décès, principalement en Iran et au Liban. Le cessez-le-feu actuel, instauré le 8 avril et devant expirer le 22 avril, semble fragile.
Tous les yeux sont désormais tournés vers la Turquie et le Pakistan, qui tentent de servir de médiateurs afin de réduire les tensions entre les deux belligérants.
L'Iran a pour sa part amorcé des travaux de réparation de ses infrastructures, détruites par les bombardements israélo-américains. À Washington, les responsables se renvoient néanmoins la responsabilité de l'échec des négociations, Trump blâmant le refus iranien de renoncer à ses ambitions nucléaires, tandis que Téhéran clame avoir frôlé un accord.
En parallèle, la Russie a proposé de stocker l'uranium hautement enrichi de l'Iran sur son sol, ouvrant ainsi une nouvelle porte à d'éventuelles négociations de paix.
- Situation au Liban -
Au Liban, deuxième champ de bataille du conflit, les frappes israéliennes se poursuivent, touchant le Hezbollah. Les autorités locales ont rapporté quatre décès suite à une attaque israélienne dans le sud du pays. Pendant ce temps, l'armée israélienne a annoncé avoir encerclé la ville de Bint Jbeil, tandis que le Hezbollah contre-attaque avec des roquettes.
Alors que des discussions entre représentants libanais et israéliens sont prévues à Washington, le gouvernement libanais se concentre sur une négociation visant à obtenir un retrait intégral des forces israéliennes dans la région.







