Berlin (AFP) – Ce jeudi soir, le festival de cinéma de Berlin ouvrira ses portes avec une sélection de films aussi variée qu'impactante, ayant pour toile de fond les complexités et les tourments actuels du monde. Sous la présidence du célèbre réalisateur Wim Wenders, cette 76e édition s’annonce riche en expériences cinématographiques.
Alors que les tensions internationales persistent, la directrice du festival, Tricia Tuttle, souligne l'importance cruciale de défendre la liberté artistique. "Dans un monde de plus en plus polarisé, notre rôle est d'affirmer notre voix créative" a-t-elle déclaré lors d'un entretien. Le ministre allemand de la Culture, Wolfram Weimer, a également mis en avant le fait que les régimes autoritaires tentent d'étouffer les artistes, en précisant : "Nous ne pouvons pas laisser les despotes de Téhéran ou de Caracas dicter notre art.
Cette année, le festival se démarque par des thématiques telles que "la famille et l'intimité sous pression" et l'exploration des impacts des forces politiques sur nos vies privées.
Une soirée d'ouverture prometteuse
La cérémonie d'ouverture débutera à 19h (heure locale) avec la présence de l'actrice malaisienne Michelle Yeoh, récompensée aux Oscars pour son rôle dans "Everything, Everywhere, All at Once".
Au programme, près de 200 films seront projetés durant les dix jours que dure l'événement, avec 22 œuvres en compétition, dont le film d'ouverture "No Good Men", réalisé par la cinéaste afghane Shahrbanoo Sadat. Ce film, qui traite du vécu des femmes afghanes dans un contexte de répression, propose une narrative poignante sur les inégalités et la recherche d’espoir au sein d’un environnement hostile.
Le film aborde avec sensibilité le parcours de Naru, une journaliste à Kaboul, mettant en lumière ses défis personnels en plein contexte de montée des talibans. "Ce film est essentiel pour comprendre la réalité des femmes en Afghanistan, une voix que nous ne connaîtrions pas sans Shahrbanoo", a mentionné Tuttle.
En dehors de la compétition, "Roya" de Mahnaz Mohammadi, met également en exergue les dilemmes déchirants d'une enseignant en Iran face à des choix impossibles qui remettent en question son intégrité personnelle.
Un focus sur l'innovation féminine
En parallèle des grands noms, la Berlinale continue d'encourager la voix des réalisatrices. Le film "Rose", insigné par Sandra Hüller, dépeint un cas de tromperie dans le cadre d’un petit village du 17e siècle, illustrant la dualité des relations humaines à travers les âges.
D'autres films notables incluent "The Weight", avec Ethan Hawke et Russell Crowe, marquant une tendance croissante des productions à capturer des histoires à portée sociale, souvent loin des projecteurs habituels de Hollywood.
La Berlinale 2026 s'annonce comme un carrefour vibrant des voix contemporaines, réfléchissant sur les luttes et les triomphes du monde actuel. Les discussions autour de ces œuvres promettent d'être tout aussi captivantes que les projections elles-mêmes.
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