Les bureaux de vote ont ouvert leurs portes au Bangladesh ce jeudi, offrant aux électeurs l'opportunité de mettre un terme à plus de quinze ans de domination de l'ancienne Première ministre Sheikh Hasina. Son parti, désormais interdit, a laissé place à deux fauteurs de troubles emblématiques, le Parti nationaliste du Bangladesh (BNP) et le Jamaat-e-Islami, qui s'annoncent comme les principaux concurrents lors de ce scrutin crucial.
À partir de 7 h 30 locales, les Bangladais ont afflué vers les urnes. Nur Alam Shamim, un électeur de 50 ans, s'est félicité de pouvoir voter pour la première fois depuis 1991. "Je me suis levé tôt pour être le premier", a-t-il confié. "J'invite tout le monde à faire de même pour reprendre notre futur en main." Ces élections sont marquées par une ferveur renouvelée, après des années d'élections disputées et émaillées de fraudes.
Un contexte tendu et une compétition acharnée
Tarique Rahman, chef du BNP et héritier d'une lignée politique, se présente comme le candidat favori. Il a exprimé à l'AFP son souhait de recevoir un "mandat clair du peuple" pour restaurer ce qu'il décrit comme un pays "détruit" par l'ancien régime. En face, Shafiqur Rahman du Jamaat-e-Islami aspire à devenir le premier Premier ministre islamiste du Bangladesh, promettant des élections transparentes et un engagement sérieux sur la question de la corruption.
Près de 127 millions d'électeurs sont appelés à choisir les 350 membres du Parlement. L'élan électoral semble particulièrement prononcé chez les jeunes, qui constituent 44 % du corps électoral. "Cette fois, j'espère que l'élection sera honnête", a déclaré Md Shezar, un étudiant de 26 ans. "La signification de cette journée est énorme", a affirmé Muhammad Yunus, prix Nobel de la paix et figure clé du gouvernement transitoire, en soulignant l'importance des réformes démocratiques à travers sa "Charte de juillet" soumise à référendum.
L'issue des élections reste incertaine. Depuis son exil en Inde, Sheikh Hasina, condamnée à la peine capitale pour son rôle dans la répression de la révolte de 2024, n’a pas communiqué de directives de vote. L'analyste Thomas Kean, de l'International Crisis Group, a mis en garde contre la nécessité d'une élection juste et acceptée par tous, précisant que la commission électorale s'est engagée à garantir la régularité du scrutin.
Le dispositif de sécurité est considérable, avec plus de 300 000 soldats et agents mobilisés pour veiller à la sécurité des opérations électorales. Les bureaux de vote fermeront à 16 h 30 locales, et les résultats préliminaires devraient commencer à apparaître dès vendredi matin.
Avec AFP







