Le 12 février, le gouvernement a publié la troisième programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE3), marquant un tournant vers une relance du nucléaire tout en ajustant les objectifs des énergies renouvelables.
Quelle vision pour la politique énergétique de la France d'ici 2035 ? La PPE3 vise à stabiliser la consommation d'électricité tout en réaffirmant la nécessité d'une relance massive du nucléaire. Selon La Nouvelle République, ce plan ambitieux souligne l'importance d'une électricité décarbonée, visant à réduire la dépendance aux énergies fossiles coûteuses à importer.
Cette publication stratégique va permettre aux acteurs de l’énergie de concrétiser leurs projets, anticipant les besoins d'investissement et de personnel. Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, rencontrera des experts et des élus sur place lors d'un déplacement au cœur des barrages hydrauliques du Jura.
Diminuer la part des énergies fossiles à 40 % d'ici 2030
Ce nouveau cadre réglementaire, qui sera concrétisé par un décret au Journal Officiel, détaille la contribution spécifique de chaque source d'énergie (nucléaire, éolien, solaire, hydraulique) dans les dix prochaines années. Le document présente un objectif clair : accroître la production d'énergie décarbonée, encouragée par l'électrification progressive des secteurs traditionnels dépendants des énergies fossiles. « En 2023, la consommation d'énergie fossile représente 60 %. Notre but est de réduire cette part à 40 % d'ici 2030 », souligne le texte, qui évoque un changement de paradigme vers plus de reliance sur les renouvelables.
La PPE3 projette une reprise du nucléaire, en contrastant avec les décisions précédentes de fermeture de réacteurs. Elle ambitionne d’atteindre une production de 380 à 420 TWh d'électricité d'ici 2030, contre seulement 320 TWh en 2023. EDF, l'opérateur historique, visait quant à lui 400 TWh.
Par ailleurs, la stratégie vise à renforcer l’éolien en mer, tout en ajustant les attentes de délais pour son déploiement, prenant en compte les retards accumulés. En revanche, les secteurs solaire et éolien terrestre voient leurs objectifs revus à la baisse, adaptés aux prévisions récentes de consommation d'électricité en France d'ici 2030, comme le relèvent des experts de RTE.
Réactions politiques : tensions et soulagement
La publication de la PPE3 a engendré de vives discussions au sein du paysage politique français, avec des clivages entre pro-nucléaire et défenseurs d'un mix énergétique diversifié. Bruno Retailleau, président des LR, et Marine Le Pen, cheffe de file du RN, ont exprimé leurs inquiétudes concernant cette feuille de route, appelant au retrait de sa publication.
En réponse, Sébastien Lecornu a insisté sur la nécessité d'agir face à la dépendance géopolitique aux hydrocarbures. Côté gauche, Marine Tondelier des Écologistes a exprimé son soulagement face aux orientations prises, jugées positives pour le développement des énergies renouvelables.







