Pour appréhender la notion de mycorhizes, il est essentiel de se pencher sur leur étymologie : myco, signifiant "champignon" en grec ancien, et rhiza, qui signifie "racine". Cette association révèle un lien étroit entre les racines des végétaux et certains champignons présents dans le sol. Mais comment cette symbiose se met-elle en place, et pourquoi est-elle si bénéfique ?
La magie de la symbiose mycorhizienne
Les mycorhizes sont des champignons qui établissent un contact privilégié entre les plantes et le sol en formant un partenariat d'une grande sophistication. Les filaments du champignon, appelés hyphes, pénètrent les cellules des racines des plantes, permettant à ces dernières d'absorber des nutriments essentiels tels que l'azote, le phosphore, le potassium, ainsi que des oligo-éléments comme le zinc et le fer. En retour, les plantes fournissent aux champignons le carbone produit lors de la photosynthèse, sous forme de glucides et d'autres nutriments comme des acides aminés.
Cette symbiose entraîne un prolongement significatif du système racinaire, qui peut atteindre jusqu'à dix fois la surface des racines initiales. Grâce à leurs hyphes fins, les champignons explorent des zones du sol inaccessibles aux racines, augmentant de fait l'efficacité des échanges nutritifs. En conséquence, cette alliance renforce la capacité des plantes à lutter contre les polluants, la sécheresse et les maladies, stimulant ainsi leur croissance globale.
Les plantes partenaires des mycorhizes
Bien que certaines plantes, comme celles de la famille des Brassicacées (choux, roquette) et des Chénopodiacées (épinards, bettes), ne profitent pas de cette symbiose, d'autres comme certaines orchidées en dépendent entièrement. La majorité des plantes herbacées et des arbres bénéficient de cette association. Par exemple, les truffes, qui forment des mycorhizes avec des arbres comme le chêne pubescent, illustrent parfaitement ce lien vital.
Encourager la mycorhization dans le jardin
La mycorhization favorise une nutrition naturelle des plantes, ce qui souligne l'intérêt d'éradiquer les engrais chimiques, nuisibles à ces champignons. Pour encourager leur développement, il est recommandé de ne pas labourer le sol avec des outils agressifs qui pourraient endommager le réseau mycorhizien. De plus, maintenir un sol meuble et riche en matière organique, par exemple en utilisant du paillis et en ajoutant des résidus végétaux, est crucial pour la prolifération de ces champignons bienfaiteurs.
En jardinerie, des produits à base de mycorhizes sont désormais disponibles, souvent sous forme de poudre, à ajouter lors de la plantation si le sol est particulièrement pauvre.







