Depuis le début du mois de janvier, l'entreprise historique Arc France, située à Arques dans le Pas-de-Calais, fait face à des difficultés majeures. Plongée en redressement judiciaire, cette verrerie bicentenaire a vu une affluence spectaculaire dans son magasin d’usine, témoignant d'un soutien massif de la part des clients locaux.
En ce samedi de février, la directrice d'Arc Outlet, Maud Cadenas, peine à trouver un moment pour se restaurer entre les allées bondées. "Nous éprouvons une réelle solidarité de la part des clients, qui viennent nombreux pour soutenir notre cause. Cette période, habituellement creuse, s'est transformée en un véritable coup de fouet commercial," confie-t-elle avec un sourire.
La nouvelle de la mise en redressement judiciaire, annoncée le 7 janvier, a résonné comme une onde de choc dans la région, notamment pour les 3 500 employés de l’entreprise. Beaucoup savent que leurs carrières pourraient être menacées, et la population locale, pourtant familière avec l'impact économique de cette verrerie, se mobilise. "C'est un point de repère ici, tout le monde a un lien avec Arc," ajoute-t-elle.
Deux millions de pièces encore produites chaque jour
Appelée avec passion par ceux qui y travaillent, Arc représente une fierté régionale. "Nous produisons encore plus de deux millions de pièces quotidiennement," souligne Maud Cadenas. Même si la pression concurrentielle, notamment asiatique, et la hausse des coûts de l'énergie pèsent sur l'avenir, la boutique attire des visiteurs, prêts à faire des kilomètres pour soutenir l'entreprise.
Frédéric, un client de Doullens, exprime une opinion partagée par beaucoup. "Il est crucial de garder notre production en France, de préserver ce savoir-faire," déclare-t-il tout en remplissant son chariot. Des personnes comme Marion et Laurent, un couple qui a toujours reconnu la valeur des produits Arc, partagent un attachement émotionnel à cette entreprise. "C'est encore la vaisselle qu'on sort le dimanche. Je ne peux pas imaginer cette entreprise fermer ses portes," exprime Lorenzo.
Des clients venus de Béthune racontent également leur démarche. Éliane et Jean ont fait le trajet pour faire des achats de soutien. "Chaque petit geste compte pour nous," affirment-ils. Bien que l'effort collectif ne soit pas une solution miracle face aux défis structurels, il témoigne d'un lien indéfectible avec l'entreprise.
Deux candidats à la reprise
Les délégués syndicaux et les élus de la région se rassembleront à Paris pour discuter de l'avenir d'Arc avec les ministres concernés. Deux candidats ont manifesté leur intérêt pour la reprise. Timothée Durand, membre de la famille fondatrice, a annoncé que son plan impliquerait des licenciements, tandis que Patrick Puy, ancien président d'Arc, propose de maintenir l'emploi, bien que ses offres soient jugées moins ambitieuses.
Malgré ces incertitudes, Maud Cadenas est ravie par le soutien dont bénéficie le magasin. "Nous avons vu une hausse de 93 % de notre chiffre d'affaires par rapport à l'année précédente, c'est incroyable !" conclut-elle avec une lueur d'espoir, alors que le magasin bourdonne d'activité. "C'est Noël après Noël ici !"







