La récente étude de l'Insee, publiée le 12 février, dresse un bilan inquiétant de l'évolution des emplois dans le secteur automobile en France. Avec une baisse significative des ventes de voitures neuves (de 2,25 millions à 1,77 million d'unités entre 2010 et 2023), la filière a connu des bouleversements notables.
Une perte d'emplois marquée
Cette étude révèle une chute de près d'un tiers des emplois dans l'industrie automobile, représentant une baisse de 33%, tandis que d'autres secteurs manufacturiers de l'économie ont connu une stagnation de l'emploi. Ce recul concerne à la fois les constructeurs, qui ont perdu 35% de leurs effectifs, et les fournisseurs, avec une baisse de 32%. "Ce phénomène touche l’ensemble des territoires et des métiers de la filière", précise l'Insee.
Le recul de l’emploi est particulièrement marquant chez les entreprises les plus dépendantes de l’automobile en 2010, qui ont souvent cessé leurs activités.
La situation a notamment été aggravée par une série de délocalisations, lancées avant 2010, et par le choix stratégique d'entreprises comme Renault et Stellantis de produire de plus en plus à l'étranger (en Espagne, Slovénie, Turquie, etc.). Par exemple, les deux voitures les plus vendues en France, la Renault Clio et la Peugeot 208, sont désormais produites en dehors des frontières nationales.
Des répercussions sur les fournisseurs
Les fournisseurs, en particulier ceux qui n'ont pas modernisé leurs outils de production, ont été les plus touchés. "L’emploi recule moins fortement chez ceux ayant investi dans l'innovation", indique l'étude. En revanche, la montée des technologies écologiques, notamment dans la production de batteries, commence à offrir un nouvel horizon d'emploi.
Un avenir électrique à éclairer
En 2023, 75% des fournisseurs contribuent à la production de véhicules électriques. Bien que la filière de fabrication de batteries soit naissante, elle présente des perspectives encourageantes. En effet, entre 2020 et 2023, l'emploi dans ce secteur a gagné 1.000 équivalents temps plein, un début prometteur même si cela reste modeste comparé à la perte globale.
Des investissements massifs, comme ceux réalisés par le groupe taïwanais ProLogium pour construire une gigafactory près de Dunkerque, pourraient générer jusqu'à 3.000 emplois d'ici 2028, marquant ainsi un changement d'ampleur pour l'industrie locale.
En conclusion, bien que l’avenir immédiat soit préoccupant, en raison d'une perte d'emplois substantielle, la transition vers des technologies plus vertes et les investissements dans les nouvelles chaînes de production pourraient revitaliser le secteur automobile français. L'Insee prévoit de renouveler cette étude tous les trois ans, offrant une vue d'ensemble sur l'évolution de cette dynamique d'ici 2027.







