La Turquie fait face à une nouvelle illustration des tensions entre expression artistique et pression morale. Le district de Beşiktaş à Istanbul a annulé les concerts de Slaughter to Prevail et Behemoth, deux groupes de métal, accusés par certains mouvements islamistes de « satanisme ». Le gouvernorat justifie cette décision par des « valeurs sociétales » jugées incompatibles avec ces spectacles. Cette annulation survient après des réactions virulentes de divers groupes dans la société.
Réactions et implications
Le Zorlu Center, où ces concerts devaient se dérouler, a été interdit d’accueillir tout événement payant pour une durée de deux jours. Cette restriction a créé une onde de choc au sein de la communauté artistique de Turquie et a suscité de vives réactions sur les réseaux sociaux. Cela démontre encore une fois la difficulté croissante pour les artistes de s'exprimer librement.
Les accusations émises par des médias proches du pouvoir, tels que Yeni Akit, ont amplifié les craintes vis-à-vis de la liberté d'expression. Dans un article au ton alarmant, le journal a qualifié ces concerts de « signes de satanisme », évoquant des interdictions antérieures contre ces groupes en Russie et en Pologne. Les artistes sont ainsi pris en otage dans un débat culturel plus large qui oppose traditionalisme et avant-garde.
Alex Terrible, le chanteur de Slaughter to Prevail, a réagi par vidéo sur Instagram, dénonçant la pression exercée par certains groupes islamistes et affirmant: « c’est absolument faux de dire que nous faisons de la propagande satanique. Je crois en Dieu, mais nous sommes ici des invités et rien ne peut être fait contre le gouvernement turc ». Son intervention souligne le dilemme auquel les artistes sont confrontés, oscillant entre créativité et auto-censure.
Les événements de Beşiktaş s'inscrivent dans un contexte où la censure et le contrôle artistique en Turquie sont en forte augmentation, une tendance récemment décrite par HuffPost comme une menace sérieuse aux artistes et à leur liberté d’expression. Cette situation illustre un besoin urgent de Surveillez l’évolution de la liberté d’expression dans le pays.







